À Fadiouth, l’association « Femmes et coquillages » se distingue comme un acteur central dans la préservation de la mangrove et dans l’émancipation des femmes. Fondée en 2007, elle met en valeur les ressources issues de la pêche, en particulier les huîtres, tout en développant des activités de transformation et de commercialisation. Une démarche dont l’influence a franchi les frontières jusqu’en Corée du Sud.
À Fadiouth, une association se déploie avec éclat sur les questions environnementales et l’autonomie économique féminine. Il s’agit de « Femmes et coquillages », structure créée en 2007. À l’époque, selon la présidente Anna Ndiaye, elles étaient alors 65 femmes réunies par un objectif commun et par leur terroir : valoriser la mangrove et les produits dérivés pour le village de Fadiouth. Cette organisation voit son prestige dépasser largement le cadre de l’île.
En 2016, au nom de l’association, sa présidente Anna Ndiaye a été invitée à Séoul, puis à Busan, dans le sud de la péninsule, pour participer à une foire dédiée aux produits halieutiques. Cette sélection, obtenue grâce aux autorités diplomatiques coréennes présentes au Sénégal, regroupait d’autres présidentes d’associations féminines œuvrant dans l’économie bleue à Saint-Louis, Kayar et Pencum Senegaal (Thiaroye), afin d’assister à cet événement. C’était une reconnaissance majeure pour « Femmes et coquillages ». La voyageuse a pu mettre en lumière les denrées marines produites par l’association, en particulier des produits issus de la pêche et surtout de l’ostréiculture. En effet, les membres ont pris l’initiative de structurer l’élevage d’huîtres dans la mangrove environnante, en étroite collaboration avec Cyprien Sène, responsable de la mangrove. Après les actions de reboisement, explique Anna, l’association s’est engagée dans l’exploitation durable de la mangrove. « Après l’ensemencement, nous menons des campagnes de sensibilisation incitant les femmes et les pêcheurs à s’éloigner de la zone afin de permettre la croissance des essaims », confie Mme Ndiaye. Cette période d’observation dure en moyenne six mois. Ce n’est qu’à l’issue de cette phase que l’équipe évalue la taille des crustacés pour déterminer s’ils peuvent être commercialisés. Le cas échéant, la responsable sollicite l’autorisation auprès de l’Aire marine protégée (AMP) pour la récolte des fruits de mer. Le permis, précise-t-elle, est valable de quinze jours à un mois. Une fois cette étape franchie, une campagne d’information est menée, aussi bien à la mosquée qu’à l’église de l’île, afin d’organiser les cueillettes. En parallèle des produits pêchés ou cueillis localement, les membres de l’association achètent aussi d’autres ressources halieutiques comme le murex et le cymbium pour les transformer et les commercialiser. En définitive, les recettes générées par la vente de ces produits constituent une véritable bouffée d’oxygène pour les membres, leur permettant de couvrir certaines dépenses, notamment celles liées au financement des classes scolaires.