Le gouvernement du Sénégal ne peut pas adopter une posture de confrontation et n’a aucun intérêt à s’engager dans un bras de fer face aux revendications des syndicats, notamment ceux de l’enseignement supérieur. C’est ce que a affirmé lundi le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (Mesri), Boubacar Camara, lors du point de presse du gouvernement.
Après l’annonce d’une grève générale des travailleurs sénégalais prévue du 21 au 23 octobre 2026, le gouvernement a tenu mardi une conférence de presse pour éclairer l’opinion sur les secteurs clés concernés par cet appel à la mobilisation.
Prenant la parole à cette occasion, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Boubacar Camara, a indiqué que deux revendications sont examinées au sein de son ministère. Il s’agit notamment de l’indemnité de logement et de la régularisation du cadre des Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP).
« Le premier point porte sur l’élaboration de l’indemnité de logement et comme toutes les mesures administratives prises par l’État, elle ne peut concerner que les agents qui se trouvent dans ce périmètre. Pour les autres agents du secteur public, parapublic et universitaire, l’État discute pour trouver comment appliquer cette mesure. Après évaluation, le coût se situe autour de 1000 milliards de francs CFA », a-t-il déclaré.
Sur ce, le ministre Boubacar Camara a précisé que les discussions portent désormais sur les moyens de parvenir à cette réalisation. Certains estiment qu’il faut modifier l’article, d’autres pensent qu’il faut adopter d’autres mécanismes.
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« Mais, quelle que soit la forme juridique envisagée, la question de fond demeure le financement. Comment financer ce paiement ? Même si l’on change un texte ou que l’on adopte un nouveau cadre, s’il n’existe pas de solution de financement, on signera un protocole qui ne sera pas mis en œuvre. C’est sur ce point que nous travaillons depuis notre arrivée », a-t-il ajouté.
Selon le Mesri, ils ont pris attache avec les recteurs, les directeurs de Coud et Crous afin qu’ils réalisent les simulations nécessaires et leur fournissent les estimations des capacités de financement dont ils disposent.
« Et quand nous disposerons des chiffres, s’ils permettent de couvrir intégralement la demande, parfait; sinon, nous discuterons avec le ministère des Finances pour étudier des compléments. Mais cette revendication est légitime, elle est justifiée et elle est raisonnable. Elle n’a jamais été contestée par aucun service de l’État », a-t-il poursuivi.
Par conséquent, selon le ministre, il n’existe pas de conflit sur ce sujet, il s’agit simplement de la mise en œuvre. Et il souhaite poursuivre cette démarche.
« Notre dernière réunion de coordination, jeudi dernier, a rappelé que nous attendons les chiffres, que nous effectuerons les calculs et que nous engagerons les discussions pour les mettre en œuvre. Les syndicats ont fait preuve d’une grande souplesse, et même dans la mise en œuvre, ils n’ont pas exclu une exécution progressive. Ce n’est donc pas un point de blocage, mais une question de calendrier. Nous avançons dans ce sens », a-t-il expliqué.
L’équation des ISEP
Le deuxième point porte sur les ISEP. Rappelons que ces structures ont été instaurées il y a plus d’une décennie afin de proposer une formation professionnelle au niveau supérieur. Il s’agit d’un dispositif crucial qui permet à des bacheliers d’effectuer une formation rapide de deux ans et d’intégrer le secteur privé.
« Il a fallu attendre longtemps pour adopter la loi d’orientation, promulguée en janvier 2024. Suite à cette loi, il convenait de publier des décrets complémentaires pour renforcer le dispositif », a-t-il expliqué.
Un premier décret a été émis concernant le statut des enseignants, les règles de fonctionnement des ISEP, puis le statut du personnel administratif, technique et de service, et enfin les textes qui organisent les diplômes.
« Donc ce sont quatre décrets. Ils ont été préparés et transmis à l’ensemble des services de l’État qui ont formulé leurs observations, que nous avons recueillies, intégrées et retournées pour finaliser le circuit. Voilà où en est la procédure. Tout cela est juridiquement normal, légitime et raisonnable. C’est même notre mission de le réaliser », a-t-il affirmé.
Le ministre estime donc qu’il n’existe pas d échappatoire, rien ne bloque réellement la démarche. Ce qui peut être déploré, selon lui, est le rythme lent qui a généré une certaine incertitude.
L’État poursuit son engagement
« Il est tout à fait normal que dans ces conditions, les syndicats se mobilisent pour obtenir satisfaction, et nous sommes engagés sur ce chemin. Voici les deux volets qui nous occupent. Sur ces volets, bien évidemment, le gouvernement ne peut pas mener un bras de fer. Il n’a aucun intérêt à le faire », a-t-il reconnu.
Le ministre Boubacar Camara a aussi indiqué que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en mettant en place le dispositif relatif à l’indemnité évoquée, améliore les conditions de travail pour toutes les personnes concernées. En établissant un cadre pour l’enseignement supérieur professionnel, le gouvernement visait à combler « un vide » et doit donc déployer tous les outils nécessaires.