Une délégation de l’ambassade d’Espagne s’est rendue lundi 12 octobre 2026 sur le site pilote d’aquaculture en zone maritime installé à Palmarin (Fatick), où deux cages ont été mises en place. Porté par la société Atlantic Mariculture, en partenariat avec l’Agence nationale de l’aquaculture (Ana), ce dispositif en mer constitue une voie d’adaptation pour la pêche locale face aux effets du changement climatique. Il représente aussi une méthode pour lutter contre les flux migratoires irréguliers et contribue, de manière générale, à la sécurité alimentaire de la région, voire du pays.
FATICK- Sous l’égide d’Atlantic Mariculture, le projet pilote d’aquaculture en zone maritime établi à Palmarin (Fatick) a pris forme grâce à l’installation de deux cages au large de la commune, en collaboration avec l’Agence nationale de l’aquaculture (Ana). Le lundi 12 octobre 2026, une délégation de l’ambassade d’Espagne — premier pays européen producteur de produits aquacoles — a visité les dispositifs, et le démarrage d’une écloserie est envisagé pour janvier 2027. Selon Saïd Memene, président de la société Atlantic Mariculture, ce projet d’envergure, inédit en Afrique de l’Ouest, offre une alternative à la pêche locale dont les rendements se réduisent ces dernières années. À lui seul, ces deux cages permettraient une récolte de 68 tonnes de poissons par cycle, soit environ onze mois. Le dirigeant aspire même à étendre l’installation à vingt cages, voire davantage, dans la zone maritime de Palmarin.
« Si l’on parvient à installer plusieurs cages à Palmarin et, plus largement, sur le littoral sénégalais, nous contribuerons à la souveraineté alimentaire du Sénégal », a-t-il assuré. Selon lui, ce projet peut transformer Palmarin en un pôle d’excellence aquacole, notamment pour la dorade et le loup-bar. « À partir de Palmarin, on peut créer un centre d’excellence aquacole destiné à la recherche et à la diffusion des connaissances acquises ici, et ce projet n’a pas pour but de concurrencer les pêcheurs locaux. Bien au contraire, il est pensé pour eux », précise-t-il. Il estime aussi que cette infrastructure aquacole pourrait générer de nombreux emplois permanents, avec des postes de nettoyeurs, plongeurs et techniciens, sans oublier les emplois temporaires pendant les récoltes. S’y ajoutent les retombées indirectes, telles que le commerce, le transport et la restauration, entre autres.
Pour le maire de Palmarin, qui avait examiné et délibéré sur cet espace maritime il y a quelques mois, cette initiative est une bonne nouvelle pour la population insulaire dans son ensemble. Le premier magistrat a déclaré : « Face au réchauffement climatique qui impacte notre zone, les ressources halieutiques se raréfient. C’est pourquoi il est essentiel de mettre à disposition des acteurs de la pêche ce projet, qui contribuera aussi à freiner l’exode massif de nos jeunes vers l’Europe à bord de pirogues ».