La tennis de table, discipline encore peu connue du grand public sénégalais, va profiter de la vitrine offerte par les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Entre des stages effectués à l’étranger, des entraînements intensifs et des ambitions à l’échelle internationale, les pongistes du pays peaufinent leur préparation.
Il est 11 h 30, ce samedi, et le ciel chargé à Dakar annonce les intempéries prévues pour le week-end. Aux abords du stade Léopold-Sédar-Senghor, les flaques boueuses compliquent l’accès aux installations. Pour éviter de mouiller leurs pieds, certains visiteurs improvisent quelques sauts; une pierre, presque invisible au milieu de l’eau, sert de point d’appui pour les plus téméraires.
Après avoir franchi le portail, il faut longer l’extérieur du stade et repérer la bonne entrée. « Il existe une porte entre les entrées 15 et 16 », indique-t-on, s’appuyant sur les indications de la Fédération sénégalaise de tennis de table.
Par quelques détours, des sons nets et répétitifs attirent l’attention. Une petite balle heurte une raquette, rebondit sur une table et repart dans l’autre sens. Le bruit mène à une inscription qui dissipe les derniers doutes : « Fédération sénégalaise de tennis de table ». Après une vingtaine de marches, la porte de droite s’ouvre sur un espace où la concentration règne et où les échanges se succèdent à un rythme soutenu.
Adji Diéwo rêve du top 10 mondial
Dans la salle, une dizaine de jeunes s’affrontent autour de tables bleues. Face à face, ils enchaînent les frappes et tentent de surprendre leurs adversaires par la vitesse. À chaque échange, la balle passe d’un camp à l’autre. Une faute et il faut déjà se préparer à l’échange suivant.
Parmi eux, Adji Diewo s’applique à contre-attaquer les balles d’un joueur plus âgé. Raquette bien en main, elle répond aux attaques, ajuste ses coups et se remet aussitôt en position. Quand une balle ne revient pas, une autre est déjà prête à prendre le relais.
La jeune pongiste prend ensuite le temps d’expliquer les règles de cette discipline encore peu connue de bon nombre de Sénégalais.
« Les règles du tennis de table sont assez simples. La balle ne doit rebondir qu’une seule fois sur chaque moitié de table. Si elle rebondit deux fois du côté d’un joueur, ce dernier perd le point », précise-t-elle. Elle rappelle aussi que le joueur doit frapper la balle avec sa raquette sans la toucher à plusieurs reprises lors d’un même échange.
Adji Diewo a participé à un stage en Chine pour se préparer aux JOJ. Une expérience intense, marquée par des journées d’entraînement bien remplies.
« La préparation en Chine s’est très bien déroulée. Nous nous entraînions énormément: de 8 h à 11 h le matin, puis de 14 h à 18 h, chaque jour », raconte-t-elle. À ce séjour s’est ajouté un autre stage d’un mois au Sénégal.
Si elle ne prenait pas part aux JOJ, la jeune athlète nourrit de grandes ambitions pour la suite de sa carrière. Elle veut porter haut les couleurs du Sénégal et du continent africain.
« J’ambitionne de représenter le Sénégal et l’Afrique dans des compétitions internationales, de grimper dans le classement et de figurer dans le top 10 mondial », confie-t-elle. Un objectif qui réclame, elle le sait, beaucoup de travail, de rigueur et une progression constante.
Trois mois à fond sur les Joj
Dans la salle, les entraînements se poursuivent sous le regard attentif de plusieurs encadreurs. Le président de la Fédération sénégalaise de tennis de table, Pape Anthioumane Diagne, participe lui-même aux séances. Dans un coin, les plus jeunes travaillent leurs réflexes autour d’une table. Ici, la plus mince fraction de seconde peut faire la différence.
La balle peut atteindre des vitesses élevées, imposant aux joueurs une excellente coordination et une grande rapidité d’exécution. Sur une table longue de 2,74 mètres, les échanges laissent peu de place à la réflexion.
Pour Pape Anthioumane Diagne, la préparation des JOJ se déroule dans de bonnes conditions. Les pongistes sénégalais viennent notamment de participer au tournoi international WTT Youth Contender, au Caire, avant de prolonger leur séjour en Égypte par un camp d’entraînement.
« L’équipe doit arriver ce dimanche au Sénégal. Elle participait au tournoi international WTT Youth Contender au Caire et est restée en Égypte pour un camp qui s’est terminé ce samedi », précise le président de la fédération.
Cette préparation s’inscrit dans un programme engagé depuis plusieurs mois. « Depuis plus de trois mois, nous sommes entièrement concentrés sur les JOJ. Avant ce tournoi, six joueurs s’étaient rendus en Chine pour un stage de 45 jours. Au fil des étapes de sélection, le groupe s’est resserré. Au final, un garçon et une fille seront présents aux Jeux », explique-t-il.
Les deux représentantes et représentants sénégalais prendront part aux épreuves individuelles masculine et féminine, ainsi qu’au double mixte.
La fédération doit toutefois composer avec des moyens limités. « Nos ressources sont très réduites, mais le ministère des Sports et le Comité national olympique nous ont grandement facilité la tâche en vue des JOJ », souligne Pape Anthioumane Diagne.
« Les joueurs sont au top niveau »
Du côté de l’encadrement technique, l’optimisme demeure. Pape Diack, qui dirigera l’équipe pendant les Jeux, se réjouit du travail fourni au fil des stages et des regroupements.
« La préparation se passe très bien, surtout après l’ensemble des stages auxquels nos jeunes ont participé », estime le technicien.
À leur retour au Sénégal, les athlètes bénéficieront de deux jours de repos avant d’entamer un nouveau regroupement interne de dix jours. Cette phase finale doit permettre de peaufiner les automatismes et de préparer les joueurs aux exigences de la compétition.

« Les joueurs sont au top niveau », assure Pape Diack. Le dernier rassemblement servira notamment à effectuer les derniers réglages et à renforcer la préparation mentale.
L’objectif est de livrer une belle performance tout en garantissant que les jeunes pongistes puissent rencontrer les meilleurs au niveau international et tirer parti de cette expérience.
À Dakar, les JOJ seront aussi l’occasion de mettre en lumière des disciplines qui n’attirent pas encore l’attention du grand public. Avec ses échanges rapides, sa précision et son exigence technique, le tennis de table espère profiter de cette exposition pour gagner en visibilité sur le territoire sénégalais.
Derrière les rebonds d’une petite balle blanche se dessinent de grandes ambitions : faire connaître la discipline, susciter de nouvelles vocations et préparer la relève du tennis de table sénégalais.