Les avancées technologiques transforment, à un rythme soutenu, le fonctionnement même des sociétés. Chaque jour, elles envahissent progressivement les différentes sphères de la vie collective. Si elles apportent des facilités considérables au quotidien des populations, elles nourrissent aussi des inquiétudes relatives à leur omniprésence dans tous les domaines sociaux. Leur appropriation croissante et les questions de régulation constituent désormais des points centraux des débats, tant au niveau des autorités nationales que des échelons locaux. Le numérique est devenu une composante incontournable du processus de modernisation urbaine pratiqué à travers le monde. Il est désormais impensable d’envisager une gouvernance des villes sans intégrer ces technologies. Les métropoles, véritables lieux moteurs de révolutions et d’évolutions sociales, servent de baromètres pour apprécier l’impact du numérique sur le quotidien des habitants.
Pour nourrir une réflexion productive sur la gestion des villes, la quatrième édition du Forum de Beijing consacré à la réponse rapide face aux réclamations citoyennes est programmée les 12 et 13 octobre 2026, autour du thème « L’ère du numérique et de l’intelligence artificielle et la ville au service des citoyens ». L’urbanisation occupe une place centrale dans le processus de modernisation, et les défis futurs de notre planète se lisent principalement à travers les villes. Selon des chiffres officiels, d’ici 2050, environ sept habitants sur dix seront vivant en milieu urbain. Cela signifie que les villes seules centralisent des questions liées à la démographie, à la mobilité, à la sécurité, à la gestion des ressources, et, plus largement, à la gouvernance. Prévenir et préparer des réponses à ces enjeux constitue l’un des objectifs du Forum de Beijing.
Par conséquent, l’intégration du numérique dans la gouvernance urbaine est une dimension essentielle. Durant ces dernières années, la gestion des grandes agglomérations s’est largement améliorée grâce au déploiement des technologies. Prenons l’exemple de Beijing, qui a instauré un dispositif de traitement des réclamations des citoyens et des entreprises via le numéro d’assistance 12345. Ce mécanisme permet aux services compétents d’apporter des réponses plus rapidement et avec une plus grande efficacité. Soutenu par le numérique, Beijing—qui compte environ 21 millions d’habitants—peut optimiser ses processus en collectant, en traitant et en interprétant plus finement les données relatives au cadre de vie des habitants. Résultat: des solutions adaptées émergent pour remédier plus efficacement aux problèmes rencontrés par les citadins.
L’outil numérique, lorsqu’il est associé à une gouvernance efficace, ouvre des perspectives prometteuses pour les villes émergentes en adéquation avec les attentes des résidents. À titre d’exemple, la Zone de développement économique et technologique de Beijing, communément appelée « Beijing E-Town », s’est transformée en un pôle d’intelligence numérique où le cloud computing, les mégadonnées et l’intelligence artificielle servent à délivrer une large palette de services aux citoyens. Dans ce cadre, il est essentiel de favoriser les échanges croisés autour de cette technologie indispensable.
La sécurité constitue aussi un volet clé qui peut rassurer et attirer résidents et visiteurs vers une métropole. Outre l’assistance dans la résolution des soucis quotidiens des habitants, les technologies contribuent à accroître la sûreté urbaine. En Chine, la gouvernance en matière de sécurité s’est nettement renforcée grâce au numérique, ce qui place le pays parmi les destinations les plus sûres du monde. Le rapport sur l’indice mondial de sécurité publique (2025-2026) attribue à la Chine la première position avec 84,62 points. S’ajoute à cela le sentiment de sécurité unanimement constaté par les visiteurs. Des avis de voyageurs internationaux rapportent que ce sentiment de sécurité est palpable dans l’ensemble des villes chinoises.
La gouvernance des villes s’appréhende comme un processus national aligné sur les objectifs de l’initiative d’une Chine pacifique. Pour les autorités, l’objectif est de s’investir sans relâche « pour rendre le pays plus sûr, une société plus ordonnée, une gouvernance plus efficiente et une population plus satisfaite, afin que la modernisation à la chinoise se déploie de manière stable et durable ».
C’est pourquoi le Forum de Beijing est conçu comme une passerelle d’échanges et de diffusion des meilleures pratiques en matière de gestion urbaine, éclairée par le numérique et l’intelligence artificielle. Lors de cette rencontre, qui réunira plus de 3 200 participants, dont plus de 240 délégations internationales issues de plus de 70 pays, l’objectif sera d’alimenter la réflexion autour de thèmes tels que « Raffinement et excellence : des modèles de gouvernance de précision et une durabilité urbaine », « Aspirations et bien commun : l’évolution de la bonne gouvernance et l’élévation de la civilisation urbaine », « Sagesse et partage : l’intelligence numérique au service de la modernisation de la gouvernance urbaine », « Échanges et intégration : gouvernance collaborative, ouverture et inclusion des villes »…
L’analyse de ces thèmes montre à quel point la gouvernance urbaine peut être complexe, notamment parce qu’elle doit faire face à de multiples défis. Le numérique se présente comme une dynamique nouvelle, offrant un éventail d’approches pour piloter les villes avec discernement, au bénéfice de services de qualité pour les habitants. Les outils technologiques peuvent aussi favoriser une meilleure gestion des questions environnementales, des déplacements urbains, de la sécurité, de l’inclusion sociale, de l’architecture et de la conservation du patrimoine culturel dans le cadre de la gouvernance. Des forums comme le Forum de Beijing créent des espaces d’échanges et d’analyse qui éclairent l’avenir des sociétés et montrent que ce futur devra se concevoir avec le numérique.
(Photo : VCG)