Guidée par Horizons sans Frontières, l’Afrikajom Center et l’ONG Jamra, la société civile sénégalaise réitère son appel à la grâce royale en faveur de Mbayang Diop, condamnée à mort en Arabie saoudite. Devant les médias réunis à Dakar, le samedi 10 octobre 2026, ces instances ont plaidé en faveur de la clémence des autorités saoudiennes et de la famille de la victime.
Après plus d’une décennie de détention et une condamnation à mort prononcée par la justice saoudienne pour un meurtre commis sur une Saoudienne, le destin de Mbayang Diop a de nouveau mobilisé la société civile ce week-end. Lors d’une conférence de presse à Dakar, le 10 octobre, des organisations telles que Horizons sans Frontières (HSF), Afrikajom Center et l’ONG Jamra ont renouvelé leur appel à la clémence auprès du royaume et de la famille concernée. Dans leur déclaration d’ouverture, lue par Antigone Diop, responsable des relations publiques du mouvement « Rappel à l’ordre », elles ont précisé qu’elles n’entendent pas remettre en cause la décision de justice ni la gravité des faits.
« Nous ne sommes pas réunis pour contester une décision judiciaire, ni pour rouvrir un procès ou remettre en question la souveraineté judiciaire du royaume », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elles sollicitaient le pardon de la famille et la clémence du Royaume d’Arabie saoudite. « Aux enfants de la victime, nous adressons une demande humble: réévaluer la situation de cette femme qui porte, depuis des années, le poids d’une condamnation capitale. Nous ne leur demandons pas d’oublier leur mère, mais, si leur cœur le permet, d’envisager le pardon », a poursuivi Antigone Diop, appelant le roi Salman ben Abdelaziz Al Saoud à accorder sa grâce à Mbayang Diop.
Aux côtés du frère de Mbayang Diop, Mamadou Diop, la société civile a exhorté l’Arabie saoudite à tenir compte des liens d’amitié entre les peuples sénégalais et saoudien afin d’épargner la vie de la Sénégalaise. Ému par ce soutien, le frère a exprimé sa gratitude envers les Sénégalais mobilisés depuis le début de l’affaire. Il a renouvelé ses excuses à la famille de la victime et a demandé la clémence des autorités saoudiennes. « Nous partageons leur douleur et prions pour le repos de l’âme de la défunte », a-t-il déclaré, en saluant la solidarité des guides religieux.
Le professeur Penda Mbow a souligné l’urgence d’une action diplomatique tant sur le plan national qu’international. Selon elle, dix années de détention constituent déjà une épreuve lourde pour la concernée. Elle a donc appelé les responsables de la société civile à mobiliser les mécanismes spéciaux des Nations unies et à interpeller l’Union africaine. « Nos autorités doivent déployer toutes les ressources diplomatiques possibles pour sauver notre compatriote », a-t-elle plaidé.