Niché au cœur du delta du Sine Saloum, sur l’île de Dionewar, le nouveau Centre culturel Cheikh Faty Faye réinvente le paysage local. Conçu comme un pont entre les cultures et un levier puissant de dynamisation économique, cet espace novateur répond à une urgence communautaire tout en s’appuyant sur une démarche d’écoconstruction.
Le bâtiment s’appuie sur une architecture écoresponsable profondément enracinée dans son environnement. Érigé entre mangrove et bolongs, le centre Cheikh Faty Faye se distingue par des choix architecturaux en harmonie avec l’écosystème local. Loin des modèles uniformisés, les constructions ont été façonnées avec des matériaux locaux et écologiques tels que le bloc de terre comprimée (BTC), le bois et la paille.
Cet édifice constitue une réponse adaptée au changement climatique. En effet, il est pensé pour affronter la chaleur et intègre des contraintes thermiques et des solutions de ventilation propres à l’île. D’après Mamadou Sarr, connu sous le nom d’Ass Ndank Ndank et président de l’association éponyme, l’objectif était d’offrir un espace organique, pleinement intégré aux habitudes et aux aspirations de la communauté.
Un projet né d’un besoin crucial
Avant l’émergence de ce complexe, l’île de Dionewar souffrait d’un manque criant d’infrastructures adaptées. Sans cadre favorable, la jeunesse, les femmes, les artisans et les artistes manquaient d’un lieu pour s’instruire, créer et monter des projets.
Ainsi, le projet a vu le jour grâce à la synergie impulsée par l’association « Ndank Ndank », en collaboration étroite avec les forces vives locales et des partenaires basques, sous l’égide de la coopération basque. Au-delà du soutien financier, cette initiative incarne une démarche de réciprocité et d’échange interculturel.
Plus largement, ce centre culturel se positionne comme un carrefour d’expressions et de formation professionnelle. À l’intérieur de ses murs, on découvre une riche palette d’infrastructures : une salle polyvalente pour les conférences, les masterclass et les projections, une bibliothèque, une galerie d’art, ainsi qu’un atelier de couture.
Sa programmation culturelle privilégie le dialogue entre le Pays basque et le Sénégal. Qu’il s’agisse de séances de lutte traditionnelle, de ciné-forums ou d’ateliers artisanaux, l’objectif demeure le partage d’expériences. « L’objectif n’est pas seulement de montrer une culture à l’autre, mais de créer des espaces de rencontre et d’apprentissage mutuel », souligne Mamadou Sarr.
En plus de sa vocation artistique, le Centre culturel Cheikh Faty Faye se révèle comme un véritable moteur de croissance. Il s’agit d’un lieu de création d’emplois. À cet effet, un atelier dédié aux artisans impulse une dynamique professionnelle directe.
Le site vise également à structurer des filières de formation et à promouvoir un tourisme durable, respectueux du territoire insulaire et de ses habitants. En mariant l’effervescence artistique et les opportunités économiques, ce centre s’impose déjà comme la pierre angulaire du développement futur de Dionewar.