Un an après avoir tourné la page, la CAF pourrait la rouvrir. Selon The Guardian, l’instance s’apprête à renoncer à une CAN tous les quatre ans et à revenir au rythme biennal qui a fait la tradition du tournoi depuis 1957.
Patrice Motsepe a lui-même confirmé, vendredi, au Cap-Vert, que la question était à l’étude. Il s’exprimait lors de la conférence de presse de clôture de la conférence stratégique de la CAF. Un vote est attendu au comité exécutif. Aucune décision définitive n’a été officialisée.
Le revirement serait spectaculaire. Le 20 décembre 2025, à Rabat, la veille du coup d’envoi de la CAN marocaine, le comité exécutif avait acté le passage à un cycle de quatre ans. Les éditions 2027 (Kenya, Tanzanie, Ouganda) et 2028 étaient maintenues, puis le tournoi devait devenir quadriennal. Une Ligue des nations africaine annuelle, lancée en 2029, devait combler le vide. La CAF avait même ouvert les candidatures pour 2028, 2032 et 2036.
Dès l’origine, la méthode avait fait grincer des dents. The Guardian avait rapporté que l’instance était accusée d’avoir imposé la réforme sans consulter pleinement ses fédérations membres. Le projet de Gianni Infantino, qui plaidait depuis des années pour un calendrier quadriennal, avait pourtant été longtemps repoussé par la CAF. La raison était simple : la CAN pèse environ 80 % de ses revenus. L’argument de Motsepe était alors la compensation annuelle de la future Ligue des nations. Il n’a visiblement pas convaincu.
Les critiques sont venues des supporters, des fédérations, des observateurs. Elles portaient sur la visibilité des sélections nationales, l’attrait commercial du tournoi et sa place dans le calendrier international. Pour beaucoup de pays, une CAN tous les deux ans est la seule vitrine continentale régulière.
Ce serait aussi un nouveau revers pour le président de la CAF. Son projet d’élargir la CAN de 24 à 28 équipes, présenté en février, avait déjà été rejeté par le comité exécutif. Deux membres anonymes avaient alors dénoncé un manque de concertation.
Un retour au rythme biennal serait lu comme un désaveu pour Motsepe. Et pour Infantino, dont la FIFA voulait faire de l’Afrique un laboratoire du calendrier quadriennal, comme un camouflet. Reste à savoir si le vote confirmera la bascule. Le football africain, lui, a déjà tranché.