Entre les questions de viabilité économique, l’usage croissant de l’intelligence artificielle et la coopération à l’échelle du continent, Dakar s’affirme comme le carrefour des réflexions sur l’avenir des médias africains, du 8 au 11 octobre, à l’occasion de la deuxième édition du Salon international des médias d’Afrique (SIMA).
La capitale sénégalaise confirme son rôle de pôle médiatique continental. Pendant quatre jours, journalistes et professionnels de l’information, décideurs publics, investisseurs, institutions et partenaires convergeront vers Dakar pour débattre des mutations qui traversent le paysage médiatique africain. Au-delà des échanges professionnels, le SIMA vise aussi à proposer des pistes de réflexion et des opportunités de coopération face aux défis économiques.
Le thème retenu pour cette deuxième édition est « bâtir un écosystème médiatique souverain et performant ». Cette option thématique traduit une préoccupation majeure. Il s’agit, selon les organisateurs, de s’interroger sur « comment assurer aux médias africains la capacité de continuer à produire une information de qualité, de préserver leur indépendance et de maîtriser davantage leur développement économique ».
À la cérémonie officielle d’ouverture, hier, le ministre de la Communication et du Dialogue avec les institutions, porte-parole du gouvernement, Dr Bakary Sarr, a donné le ton en rappelant que la souveraineté médiatique ne saurait être considérée comme un privilège réservé aux pays disposant de ressources importantes. Elle constitue, selon lui, « un enjeu de gouvernance, d’indépendance et de responsabilité dans un environnement marqué par de profondes transformations. »
Dans le calendrier des échanges, les organisateurs précisent que la première journée est consacrée à l’économie des médias et aux nouveaux modèles économiques. L’enjeu est de dépasser le constat des difficultés pour réfléchir à des solutions concrètes, adaptées aux réalités africaines.
Le deuxième axe du salon porte sur les technologies et l’intelligence artificielle. En pleine transformation, le journalisme doit composer avec de nouveaux outils de production et des modes de diffusion accélérés de l’information.
La troisième journée sera consacrée à la confiance, à l’éthique et à la régulation. Ces enjeux restent indissociables de la viabilité économique et de l’innovation technologique.
À ce titre, Dr Bakary Sarr a rappelé l’élaboration par le Sénégal d’un nouveau cadre réglementaire à travers le Code de la presse. Cette référence inscrit le débat dans une réflexion plus large sur les règles qui doivent accompagner l’évolution du secteur et concilier liberté de la presse, responsabilité éditoriale et exigences de régulation.
La quatrième journée est consacrée aux compétences et aux coopérations africaines. Elle mettra en perspective la nécessité de renforcer les capacités professionnelles et de favoriser le partage d’expériences, selon les initiateurs.