La mobilisation des compétences disponibles apparaît comme un levier essentiel pour renforcer les systèmes de santé, affirme le Dr Oumar Sagna, conseiller technique du Directeur général de la Santé (DGS).
Depuis novembre 2022, Enda Santé déploie, au Sénégal, au Burkina Faso et en République démocratique du Congo (RDC), le programme « Healthcare worker professional associations (Hpa) », soutenu par la Fondation Gates. Son objectif est de consolider les systèmes de santé en accompagnant les associations professionnelles de santé dans l’élaboration et la mise en œuvre d’initiatives de plaidoyer stratégique visant à influencer les politiques publiques et à améliorer l’offre des soins.
Quatre années de mise en œuvre ont permis de noter des avancées dans plusieurs domaines prioritaires, notamment la santé maternelle, la vaccination et l’introduction de nouvelles innovations sanitaires. Une rencontre internationale a été ouverte, ce mercredi 7 octobre, à Dakar, sur le thème : « Les associations des professionnels de santé : des acteurs stratégiques pour le renforcement durable des systèmes de santé en Afrique de l’Ouest et du Centre ».
Le Dr Oumar Sagna, conseiller technique du directeur général de la Santé au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a appelé à tirer parti des compétences disponibles pour renforcer le système de santé. « Cette démarche suppose une réflexion concertée sur les rôles des différentes professions, leur complémentarité et les conditions dans lesquelles elles exercent », a-t-il déclaré.
M. Sagna a rappelé que le partage des tâches doit s’accompagner de formations adaptées, de protocoles clairs, d’une supervision effective et de mécanismes de référence fonctionnels. Ce partage, selon lui, doit garantir la sécurité des patients tout en élargissant l’accès à des prestations de qualité.
Oumar Sagna a également salué le rôle déterminant des associations professionnelles de santé. « Leur participation est nécessaire pour identifier les évolutions pertinentes, accompagner les équipes et construire des solutions compatibles avec les réalités des services. » À l’en croire, le partenariat entre les associations professionnelles, les institutions publiques et les chercheurs peut renforcer la qualité du plaidoyer. Pour sa part, Maty Dia, directrice exécutive de l’ONG Enda Santé, a déclaré que les bailleurs de fonds se retirent de plus en plus et que le financement se fait plus rare.
« L’intérêt du plaidoyer, c’est d’inverser la tendance, afin que ces bailleurs continuent de nous appuyer, mais aussi que les gouvernements investissent davantage dans la santé », a-t-elle plaidé. Le Dr Papa Djibril Ndoye, directeur adjoint d’Enda Santé, a, lui, précisé que le plaidoyer stratégique s’adresse directement aux décideurs. « Cette initiative collabore avec six associations de santé dans les trois pays concernés. Il s’agit de médecins, de gynécologues et de nutritionnistes qui mènent ce plaidoyer en vue d’un changement », a-t-il indiqué.