Le Sénégal et le Rwanda ont scellé onze mécanismes et instruments de coopération couvrant divers domaines, à l’issue de la session inaugurale de leur Grande Commission mixte de coopération, qui s’est déroulée les 6 et 7 octobre à Kigali. Cette rencontre, conduite côté sénégalais par le ministre chargé de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Cheikh Niang, ouvre une étape nouvelle dans le renforcement des liens entre Dakar et Kigali.
Les onze instruments signés abordent notamment les consultations politiques, les TIC, l’innovation, le tourisme, la jeunesse, la culture et les arts, le sport, l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et la normalisation. Trois de ces engagements portent plus précisément sur l’assistance judiciaire en matière pénale, l’extradition et le transfèrement des individus condamnés.
Cette session a offert aux deux délégations l’occasion d’analyser l’avancement de la coopération bilatérale et d’identifier de nouveaux secteurs propices à des partenariats. Au-delà des domaines explicités par les accords adoptés, Dakar et Kigali souhaitent notamment densifier leurs échanges dans les domaines de la défense et de la sécurité, de l’éducation, de l’économie, des infrastructures, du numérique, de l’agriculture, de la santé, du tourisme et des investissements.
Pour le chef de la diplomatie rwandaise et des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, l’objectif désormais est de convertir les engagements politiques en résultats tangibles. Il a notamment mis l’accent sur la nécessité d’assurer une mise en œuvre effective des accords conclus, au profit des deux États. Le conseiller sénégalais Cheikh Niang a, dans la même veine, insisté sur l’importance du suivi et de la matérialisation des engagements pris.
Sur le plan économique, les discussions ont occupé une place prépondérante. Parallèlement à la Grande Commission, le Forum des Affaires et des Investissements Rwanda-Sénégal a rassemblé des représentants des secteurs public et privé des deux nations. Organisée avec le concours de l’Agence sénégalaise de promotion des investissements et des grands travaux (APIX) et du Rwanda Development Board (RDB), cette session a porté sur les perspectives de partenariats, le renforcement des échanges commerciaux et la stimulation des investissements.
Cet espace vise à rapprocher encore davantage les milieux d’affaires des deux États. Les échanges ont porté sur les possibilités de coopération et d’investissement, dans l’objectif de traduire les liens politiques entre Dakar et Kigali en résultats économiques concrets. Le Rwanda et le Sénégal envisagent aussi de tirer parti de la ZLECAf pour accroître les échanges et les investissements au sein du continent.
Cette nouvelle phase de coopération survient à la suite de la visite d’État de trois jours effectuée par le président Bassirou Diomaye Faye au Rwanda en octobre 2025. Lors de cette visite, Dakar et Kigali avaient déjà signé plusieurs accords couvrant notamment la mobilité, l’agriculture et l’élevage, la santé, la planification du développement et les services pénitentiaires, et ils avaient aussi accepté des mesures relatives à la circulation des détenteurs de divers types de passeports.
Pour assurer le suivi des engagements issus de la session de Kigali, les deux parties ont convenu de créer un comité conjoint chargé de veiller à l’application des décisions et des recommandations adoptées. Par ailleurs, une réunion d’experts est programmée pour 2027 afin d’évaluer les progrès réalisés. La deuxième session de la Grande Commission mixte est prévue se dérouler au Sénégal, à une date qui sera déterminée par les canaux diplomatiques.