À la suite des fortes précipitations ayant touché Dakar, une délégation ministérielle s’est déplacée, lundi 5 octobre 2026, dans la zone de captage afin d’évaluer la situation et de suivre le dispositif mis en place pour la gestion des eaux pluviales. En plus des mesures d’urgence, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dieye, a annoncé l’élaboration d’une Stratégie nationale intégrée de gestion des risques d’inondation, conçue comme une réponse structurelle et durable sur le long terme.
Sur le terrain, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, le ministre des Transports, Abdoul Ahad Ndiaye et le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dieye ont pu constater la situation et s’informer du fonctionnement des dispositifs mobilisés, pour faire face aux conséquences des précipitations.
Selon le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, le cumul des pluies enregistré entre la nuit de samedi à dimanche, les précipitations de dimanche après-midi et celles de la soirée a atteint 137 millimètres. Une quantité importante qui a considérablement sollicité les capacités d’évacuation des eaux de la capitale.
Pour Cheikh Tidiane Dieye, les inondations mettent en évidence la pression qui pèse sur les infrastructures d’assainissement de Dakar. « Une partie des réseaux existants date des années 1960, 1970 et 1980. Ils ont été conçus dans un contexte où la population et l’urbanisation n’étaient pas comparables aux niveaux actuels », a-t-il déclaré.
Depuis plusieurs décennies, Dakar connaît une croissance démographique et une expansion urbaine. Les besoins en matière d’évacuation des eaux pluviales ont ainsi évolué plus rapidement que certaines infrastructures héritées des décennies passées.
À cette contrainte structurelle s’ajoute l’intensité des précipitations. Après des années marquées par des volumes de pluie relativement modestes, la capitale est aujourd’hui confrontée à des épisodes pluvieux particulièrement soutenus, a précisé Cheikh Tidiane Dieye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Le ministre a également signalé un autre facteur aggravant. Il s’agit de l’obstruction de certains réseaux par les déchets. Le déversement d’ordures dans les ouvrages d’évacuation empêche une circulation normale des eaux et ralentit leur évacuation. Résulte un temps de latence qui peut prolonger la présence des eaux dans les zones affectées, a-t-il souligné.
Une stratégie nationale sur le long terme
Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement indique par ailleurs que le Gouvernement travaille à une Stratégie nationale intégrée de gestion des risques d’inondations.
La stratégie repose sur une approche interministérielle. Elle réunit les différents départements concernés par la problématique des inondations afin de mettre en cohérence les interventions de l’État et d’apporter des réponses coordonnées face aux inondations, a-t-il précisé.
Le programme a déjà été présenté au Président de la République en Conseil des ministres. Le chef de l’État a donné des instructions pour la poursuite des travaux et pour une présentation de la stratégie à l’ensemble des Sénégalais, a annoncé le ministre. Il précise par ailleurs que le programme est conçu sur plusieurs séquences, notamment 2027-2030, puis 2035-2045.