Quatre semaines avant le coup d’envoi des Jeux Olympiques de la Jeunesse, Djireye Clotilde Coly cherche à rassurer. Invitée sur RFI matin ce lundi 5 octobre, la ministre sénégalaise de la Jeunesse et des Sports a défendu l’état de préparation du pays et le coût associé à l’événement.
« Oui, le Sénégal est prêt à accueillir ses Jeux Olympiques de la jeunesse », a déclaré Coly. « Nous sommes prêts sur les volets infrastructurel et sécuritaire; la phase de tests a également été réalisée, et nous nous attelons désormais à la mobilisation et à la réussite de ces Jeux. », explique-t-elle.
Interrogée sur les routes entourant la piscine olympique et sur le site lui-même, qui restent en chantier, elle a balayé les inquiétudes : « Tous les sujets ont été pris en charge avec une approche pragmatique et tout sera achevé avant les Jeux. »
104 milliards de francs CFA : un investissement durable plutôt qu’un pari à court terme
Le budget prévisionnel s’élève à 104 milliards de francs CFA, soit plus de 150 millions d’euros. Face aux difficultés économiques rencontrées par les Sénégalais, chômage et coût de la vie en tête, la ministre défend une logique de long terme : « Oui, l’événement en lui-même constitue un investissement pour l’avenir. Quand on évoque le coût, on pense peut-être tout de suite au retour sur investissement. Or, ce type d’événement ne doit pas être envisagé uniquement sous l’angle du rendement immédiat. Il s’inscrit plutôt dans une perspective d’héritage, matériel avec toutes ces infrastructures sportives durables, puisqu’on parle ici d’investissement. Ainsi, vous avez les dépenses d’organisation, mais vous disposez d’investissements sur des actifs durables qui seront exploités et valorisés », soutient Djireye Clotilde Coly.
Elle met en avant des infrastructures sportives pérennes, mais aussi un héritage immatériel : les compétences développées et les entreprises associées aux Jeux. Elle évoque 6 000 volontaires formés et des « brevets olympiques civiques et sportifs » déployés dans des milliers d’écoles, avec plus de 900 000 jeunes formés. Les retombées immédiates concerneront l’hôtellerie, la restauration, les services et les arts. La ministre ajoute que ces Jeux doivent aussi prouver la capacité du pays à accueillir de très grandes manifestations : « La réalité est qu’aujourd’hui, c’est un investissement qui portera ses fruits. »
Cérémonie d’ouverture : « du beau monde » attendu
Concernant la cérémonie d’ouverture, elle promet « une très, très belle cérémonie ». Le président Bassirou Diomaye Faye a lancé à la tribune des Nations unies un appel aux chefs d’État, et des invitations ont été envoyées. « Nous attendons du beau monde à ces JO », a-t-elle dit, sans avancer de chiffre.
Interrogée sur une éventuelle invitation de l’ancien président Macky Sall, elle a rappelé que cela relevait des prérogatives du chef de l’État, tout en esquivant : « L’important, c’est de nous focaliser sur la réussite de ces Jeux. »
135 athlètes et des billets entre 1 000 et 5 000 francs CFA
Côté sportif, 135 athlètes défendront les couleurs du Sénégal. « Ils sont prêts à remporter des médailles, et nous espérons en obtenir un grand nombre », a affirmé la ministre, sans fixer d’objectif chiffré.
Pour le public, 750 000 billets sont en vente, avec des tarifs allant de 1 000 à 5 000 francs CFA. La ministre dit faire « le pari du succès populaire », avec la flamme olympique qui parcourt actuellement toutes les régions du pays. « Je suis très, très optimiste », a-t-elle conclu.