Le chef d’État béninois, Romuald Wadagni, a tenu à rendre hommage à l’écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane, décédé samedi à Dakar à l’âge de 98 ans. Il salue la mémoire d’une figure emblématique de la génération des indépendances et l’héritage laissé par l’auteur de L’Aventure ambiguë.
Les messages de condoléances affluent encore après la disparition de l’écrivain. Au Bénin, le président de la République a exprimé sa « profonde tristesse » suite à l’annonce du décès survenu samedi à Dakar, âgé de 98 ans.
Dans un communiqué publié dimanche, le chef de l’État béninois a salué en Kane « une grande voix de la génération des indépendances ». Il a également mis en exergue la contribution de l’écrivain à la réflexion sur l’Afrique, notamment en ce qui concerne les questions d’identité, de culture et de rapport au monde.
Pour Romuald Wadagni, l’œuvre de Kane franchit les frontières du Sénégal. « L’Aventure ambiguë demeure l’une des œuvres qui traversent les époques et continuent de nous interroger », a-t-il écrit, en référence au roman publié en 1961 et devenu un classique de la littérature africaine. L’ouvrage, traduit dans plus d’une quarantaine de langues, a marqué plusieurs générations de lecteurs par sa méditation sur la rencontre entre savoirs, cultures et identités propres à l’Afrique.
« Le Sénégal perd un grand écrivain. L’Afrique perd une grande voix », a poursuivi le président béninois, qui a adressé ses condoléances à la famille du défunt, à ses proches, au peuple sénégalais ainsi qu’à l’ensemble de la communauté littéraire.
Cette marque d’estime vient s’ajouter aux hommages rendus au Sénégal à l’écrivain et ancien ministre. Le président Bassirou Diomaye Faye a notamment salué la mémoire d’un « serviteur du Sénégal », estimant que son œuvre appartient désormais au patrimoine de la Nation et de toute l’Afrique.
Né le 2 avril 1928 à Matam, Cheikh Hamidou Kane avait également mené une carrière dans la haute administration et occupé plusieurs postes publics. Son parcours a ainsi fusionné pratique littéraire, service de l’État et réflexions sur les sociétés africaines.
En conclusion de son hommage, Romuald Wadagni a invoqué la miséricorde divine pour le défunt, tout en soulignant la pérennité de son héritage : « Reposez en paix. Votre œuvre continuera de vivre. »