La cité sacrée de Ndiassane s’est levée ce dimanche dans la douleur et l’émotion, marquée par le rappel à Dieu de Serigne Bouh Mouhamed Kounta, surnommé Bouh Khalifa, survenu dans la nuit qui a séparé le samedi du dimanche, le 4 octobre 2026. Selon nos informations, le conseiller spécial du Khalife général de Ndiassane, connu sous le nom Bouh Khalifa, avait souffert de maladie depuis le gamou célébré le premier septembre dernier.
Ses obsèques sont programmées pour ce dimanche à Ndankh, village natal de la khadria Kountiyou au Sénégal. Son départ vers l’au-delà plonge ainsi la communauté khadria et l’ensemble de l’umma islamique sénégalaise dans une profonde tristesse.
Un guide spirituel dévoué à la paix et au dialogue
Figure éminente du paysage religieux sénégalais, Serigne Bou Mouhamed KOUNTA, affectueusement nommé Bouh Khalifa, représentait une génération de guides spirituels ouverts, engagés et fermement enracinés dans les principes d’un Islam pacifique et tolérant.
Au titre de représentant du Khalife général des Khadr dans le département de Guédiawaye, il était aussi conseiller spécial du Khalife pour les affaires extérieures. À la tête morale du Dahira Xam Sa Diné, établi à la Cité Fadia de Dakar, il prodiguait depuis des années un enseignement religieux axé sur la connaissance, l’éducation et la citoyenneté.
Son engagement dépasse largement le cadre de la confrérie khadria. Vice-président du Cadre Unitaire de l’Islam au Sénégal (CUDIS), il a œuvré sans relâche pour l’unité des fidèles musulmans et pour la mise en commun des efforts en faveur du développement du pays.
Véritable artisan du dialogue, il a occupé la présidence du Conseil Interreligieux du Sénégal pour la Paix, organisme essentiel dans la promotion du vivre-ensemble parmi les diverses communautés religieuses du pays. Dans un contexte mondial tendu, son plaidoyer en faveur de la coexistence pacifique a fait de lui une voix écoutée loin des frontières nationales.
Son expertise et sa rigueur morale lui ont aussi valu d’être nommé à la tête de la Coordination de la Commission Nationale de Concertation sur le Croissant Lunaire (CONACOC), une instance déterminante pour les grandes dates du calendrier musulman au Sénégal. Cette lourde responsabilité, il l’assumait avec sagesse et esprit de concertation.
Son influence s’étend à l’échelle du continent en tant que membre de la Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains, une institution prestigieuse œuvrant pour la diffusion d’un Islam modéré et la formation des oulémas sur l’ensemble du continent.
Entre prêches, médiation sociale et diplomatie religieuse, celui qui était affectueusement nommé Bouh Khalifa s’était imposé comme un pont entre les générations, entre les croyances et entre les peuples, œuvrant pour un Islam lumineux et pour un Sénégal pacifié.