Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a publié une « liste noire » qui recense 34 établissements et antennes privées qui ne disposent pas des autorisations nécessaires pour délivrer des formations allant du niveau Licence jusqu’au Doctorat. Cette initiative vise à protéger les apprenants contre les filières non reconnues et à nettoyer l’offre d’enseignement supérieur sur l’ensemble du territoire national.
Face à la multiplication des offres de formation privées à travers le pays, les autorités du ministère frappent fort. Par un document officiel publié, vendredi 02 octobre, par la Direction générale de l’Enseignement supérieur, ils ont rendu publique leur toute première « liste noire » arrêtée au 1er octobre 2026, qui dresse la liste des établissements non autorisés à délivrer des diplômes.
Au total, 34 structures ou antennes territoriales sont formellement pointées du doigt. Pour le cycle Licence-Master, la mesure vise Sup-management intelligentsia (Smi) et le Ziguinchor institut polytechnique (Zip) à Ziguinchor, l’École supérieure d’administration et de gestion (Esag) à Saint-Louis, l’Institut de management d’Afrique subsaharienne (Imas), l’École supérieure de logistique et des transports (Eslot) ainsi que l’Institut privé africain des métiers du pétrole (Ipamep) à Dakar, sans oublier l’Institut moderne (Im) à Mbour. À cette liste s’ajoute le déploiement territorial de l’Institut supérieur d’entrepreneurship et de gestion (Iseg) dont les représentations de Ziguinchor, Thiès, Tambacounda, Sédhiou, Saint-Louis, Rufisque, Podor, Pikine, Mbour, Mbacké, Louga, Kolda, Keur Massar, Kédougou, Kaolack, Kaffrine, Guédiawaye, Fatick, Diourbel, Bambilor, Parcelles Assainies, Mboro, Joal, Tivaouane et Ouorossogui sont déclarées non reconnues.
La mise en garde du ministère ne s’arrête pas aux premiers cycles universitaires. Au niveau Doctorat, deux entités d’études stratégiques basées à Dakar (le Centre d’études diplomatiques et stratégiques à Ouakam et le Centre africain d’intelligence stratégique (Cis-Paix Upeace)) se voient directement viser par cette mesure d’invalidation.
Face aux risques d’arnaque et aux répercussions potentielles sur l’avenir des étudiants, le Directeur général de l’Enseignement supérieur, le professeur Mamadou Sidibé, appelle à une vigilance accrue. Il exhorte les parents et les futurs candidats à vérifier systématiquement la validité des agréments, habilitations et accréditations d’un établissement avant d’entreprendre toute inscription. Afin d’éviter d’éventuels abus, le ministère invite la population à se renseigner directement auprès de ses services.
La liste met en exergue un phénomène récurrent : certaines écoles disposent d’autorisations pour un siège principal, mais ouvrent des antennes régionales sans agrément spécifique pour ces nouveaux sites. Le ministère indique clairement que chaque implantation géographique doit faire l’objet d’une validation distincte.
Il s’agit d’une démarche d’assainissement visant à réguler le marché des écoles supérieures privées, à freiner la concurrence déloyale et à garantir une qualité minimale d’enseignement sur l’ensemble du territoire national. La mesure a également pour but de protéger les étudiants et leurs familles contre les inscriptions dans des filières non reconnues.