L’Association suisse de football (ASF) a fait savoir mercredi qu’elle retirait le soutien qui avait été accordé en juin à Gianni Infantino, président de la Fifa candidat à un nouveau mandat en 2027, mais dont la popularité s’érode au sein même de l’instance mondiale.
Dans un communiqué, le comité central de l’ASF a précisé avoir retiré « le soutien annoncé en juin 2026 à la candidature » du dirigeant italo-suisse pour un nouveau mandat, après « un réexamen approfondi des évolutions survenues ces derniers mois ».
« Plusieurs événements soulèvent des questions fondamentales concernant la direction, la gouvernance, la transparence et les processus décisionnels au sein de la Fifa », a indiqué la fédération helvète, citant l’échec du plan visant à ouvrir l’organisme aux investisseurs privés et l’affaire de la suspension annulée de l’attaquant américain Folarin Balogun durant la Coupe du monde estivale.
Écarté lors de la phase des seizièmes de finale face à la Bosnie-Herzégovine, l’attaquant américain avait vu sa suspension automatique pour le match suivant commuée en une suspension avec sursis par la commission de discipline de la Fifa, après que le président américain Donald Trump eut demandé à M. Infantino de réexaminer ce carton rouge qui lui paraissait injustifié.
Le projet Fifa Forward Enterprise, présenté en août par Gianni Infantino et visant à placer les recettes de la Coupe du monde dans une entité ouverte aux investisseurs privés, avait aussi suscité une vague de protestations avant d’être finalement abandonné.
– « Des questions restées sans éclaircissement » –
Ces dossiers, ainsi que celui de l’attribution en novembre 2025 au président américain d’un « prix Fifa de la paix » inédit, dont les critères et modalités n’ont jamais été éclaircis par l’instance du football, ont attiré les foudres de plusieurs fédérations, notamment l’UEFA, dont le président Aleksander Ceferin mène une fronde anti-Infantino.
L’ASF « attend de la direction de la Fifa les plus hauts standards en matière de transparence, de traçabilité et de responsabilité institutionnelle », a déclaré son président, Peter Knäbel, cité dans le communiqué.
Ce dernier a salué le courrier envoyé le 21 septembre par le président de la Fifa proposant « une consultation » des fédérations afin de réformer le fonctionnement de l’instance, mais selon lui, « des questions centrales restent ouvertes concernant les circonstances, les responsabilités et les processus décisionnels ».
« Ces questions n’ayant pas été clarifiées de manière convaincante, nous ne pouvons pas assumer la responsabilité de continuer à soutenir la candidature de Gianni Infantino », a-t-il expliqué.
Infantino, qui perd ainsi le soutien de son pays natal — où la Fifa et l’UEFA ont leur siège — est pour le moment le seul candidat à l’élection à la présidence de la Fifa, prévue en mars 2027. Le dépôt des candidatures court jusqu’au 18 novembre.
AFP