Le mardi 29 septembre 2026, l’organisation Humanité et Inclusion a organisé une tribune de plaidoyer impliquant divers acteurs autour d’un combat commun : améliorer la présence des personnes en situation de handicap, et plus particulièrement des femmes et des filles, dans les programmes et politiques publiques ainsi que dans les organes où se prennent les décisions.
La rencontre a réuni des juristes, des praticiennes sociales, des féministes et les membres du comité des femmes handicapées du Sénégal. Son objectif était d’initier un plaidoyer en faveur des droits des filles et des femmes handicapées et de lutter contre les obstacles et les contraintes qui freinent leur plein épanouissement.
Dans son exposé, Françoise Gabriella Mballa, responsable de projet chez Humanité et Inclusion, a relevé que des avancées ont été observées dans la prise en charge du handicap au Sénégal, tout en soulignant qu’il reste encore des domaines à améliorer. Elle rappelle que les filles et les femmes demeurent privées de certains droits essentiels.
Elle rappelle aussi que ces segments vulnérables font face à des difficultés d’accès aux services sociaux de base, aux postes électifs, aux instances de décision, au financement, ainsi qu’à la participation citoyenne et politique. À cela s’ajoutent les violences basées sur le genre qui frappent nombre de filles et de femmes en situation de handicap.
Dans la même veine, les participants ont plaidé pour la ratification du protocole africain relatif aux droits des personnes handicapées et pour la révision de la loi d’orientation sociale avant son application effective, afin d’y intégrer une approche sensible au genre.
« Les femmes et les filles handicapées ne doivent pas être seulement des bénéficiaires des politiques et programmes. Elles doivent pouvoir participer à la conception, à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation », déclare Isseu Gaye, présidente du comité des femmes de la fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées.
Cette position est soutenue par le conseiller du président de la République chargé du handicap. Selon Cheikh Saad-Bou Diouf, il est temps de passer définitivement d’une approche fondée sur l’assistanat à une approche fondée sur les droits, l’égalité, l’autonomie et la pleine participation. Car, affirme-t-il, « une femme handicapée n’est pas seulement une personne à protéger et le handicap ne doit jamais être une condamnation à l’invisibilité ».
Cette session de plaidoyer multi-acteurs s’inscrit dans le cadre du projet « Voix des femmes », mis en œuvre au Sénégal, au Togo et au Bénin par Humanité et Inclusion.