Le Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) appelle à un durcissement des mécanismes destinés à la réinsertion des migrants rapatriés et à un soutien renforcé aux victimes de la traite des personnes, en privilégiant une approche qui associe formation professionnelle, accompagnement psychosocial, facilitation d’accès au financement et insertion durable dans le marché du travail.
Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), cette recommandation a été présentée jeudi à Accra, dans le cadre d’une résolution adoptée après l’examen du rapport d’une mission d’échanges entre parlementaires et citoyens menée au Sénégal du 13 au 17 juillet 2026 par la délégation sénégalaise du Parlement communautaire.
Présenté en séance plénière par la députée sénégalaise Fatou Ba, le rapport met en lumière les difficultés auxquelles se heurtent les migrants de retour, notamment le manque d’emploi, la précarité financière, la stigmatisation et les obstacles à leur réinsertion sociale et économique.
Face à cette réalité, le Parlement communautaire invite les États membres à concevoir des programmes qui associent formation professionnelle, soutien psychosocial, accompagnement à l’entrepreneuriat et accès aux ressources financières.
Une attention particulière est également portée sur les victimes de la traite des personnes. La résolution appelle à renforcer les mécanismes de protection et d’assistance, tout en améliorant le suivi des victimes, en luttant contre leur stigmatisation et en engageant des poursuites contre les auteurs de ces délits.
Au-delà de la réintégration, les parlementaires de la Cedeao promeuvent des stratégies nationales visant à s’attaquer aux facteurs économiques et sociaux qui alimentent la migration irrégulière. La création d’emplois durables, le soutien à l’entrepreneuriat, la protection sociale et l’autonomisation économique des jeunes et des femmes figurent parmi les priorités évoquées.
Le Parlement communautaire encourage également le développement de l’enseignement technique et de la formation professionnelle dans des secteurs à fort potentiel, tels que la pêche, l’agriculture, le tourisme, l’économie numérique, l’économie verte et les industries créatives.
Dans les zones côtières, la résolution insiste sur la nécessité d’une gestion durable des ressources halieutiques et sur un renforcement de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Ces mesures visent à atténuer les pressions économiques qui conduisent certaines communautés à envisager une migration irrégulière.
Les parlements nationaux sont par ailleurs appelés à accroître leur contrôle sur la mise en œuvre des politiques publiques liées à la migration, à la lutte contre la traite et à l’emploi des jeunes. Ils doivent aussi plaider pour des ressources budgétaires à la hauteur de ces enjeux.
La Commission de la Cedeao est, de son côté, encouragée à mieux coordonner les initiatives régionales et à renforcer les campagnes de sensibilisation ainsi que les programmes dédiés à l’emploi des jeunes, à l’entrepreneuriat et au développement des compétences.
Enfin, le Parlement communautaire souhaite faire des échanges avec les citoyens un mécanisme régulier de discussion sur les questions d’intérêt régional. Il appelle à poursuivre les efforts pour répondre de manière coordonnée aux causes profondes de la migration irrégulière et à offrir une meilleure protection aux migrants et aux victimes de la traite.