« L’intelligence artificielle au service de l’inclusion financière et de la transformation bancaire dans l’Uemoa ». Tel est le thème retenu pour le forum de la Fédération des associations professionnelles des banques et établissements financiers (Fapbef) de l’Union, qui s’est ouvert à Dakar, le jeudi 24 septembre. Sous ce cap, les responsables des places financières de l’espace régional entendent harmoniser leurs pratiques afin d’établir une démarche commune destinée à stimuler l’inclusion financière.
La rencontre régionale de la Fapbef de l’Uemoa a officiellement démarré, jeudi 24 septembre, à Dakar. Autour des participants, plusieurs figures du secteur financier ont contribué à l’échange centré sur le thème : « L’intelligence artificielle au service de l’inclusion financière et de la transformation bancaire dans l’Uemoa ».
L’objectif principal de cette réunion stratégique est de forger une dynamique communautaire capable de tirer profit des avancées technologiques, notamment l’IA, pour alimenter un développement durable et inclusif. Pour les responsables des places bancaires de l’Union, l’intelligence artificielle représente une mutation de fond qui touche directement le cœur des métiers bancaires.
L’adoption d’une telle technologie suppose de faire face à de nouveaux enjeux liés à l’appréciation des risques, à la relation client, à la maîtrise de la fraude et, également, au financement des économies. Pour Guy-Martial Arona, président de la Fapbef, il s’agit surtout d’examiner les principaux défis et de proposer une démarche commune au service de l’inclusion financière.
« Nos marchés partagent la même monnaie, le même régulateur et le même cadre réglementaire. Il serait alors contre-productif que, face à une innovation commune, nos approches se dispersent, que nos standards divergent ou qu’une concurrence s’installe au détriment de la sécurité et de la protection des clients. La vocation de la fédération est de mutualiser les expériences, de rapprocher les pratiques et de porter, ensemble, une parole cohérente auprès de la banque centrale et des instances communautaires », a-t-il invité.
Ce forum de Dakar devra également promouvoir et accélérer l’utilisation de l’IA comme catalyseur de l’inclusion financière et de la transformation bancaire au sein de l’Union. Pour y parvenir, les institutions financières de l’Uemoa devront s’aligner sur la stratégie continentale de l’Union africaine, qui propose une approche centrée sur les priorités du continent. Ces priorités s’articulent autour de cinq domaines d’intervention : tirer parti des avantages de l’IA, renforcer les capacités, réduire les risques, stimuler l’investissement et favoriser la coopération.
Ainsi, les conclusions issues des travaux menés au cours de cette rencontre seront mobilisées pour que l’inclusion financière devienne une réalité tangible. Toutefois, l’adoption de cet outil numérique doit s’accompagner d’un nouveau cadre réglementaire garantissant une utilisation éthique et la protection des données et des usagers des services financiers.
Pour Aliou Ndiaye, secrétaire général du ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, l’intelligence artificielle soulève des enjeux de développement, de gouvernance, d’équité sociale, mais aussi de souveraineté. Il appelle, à ses yeux, à une vigilance éthique particulière. Un algorithme peut reproduire, voire amplifier, des biais et des exclusions. Le secrétaire général ajoute : « Il nous revient collectivement de veiller à ce que l’Intelligence artificielle demeure un outil au service de la personne et non un facteur de discrimination ».