Le monde a besoin d’une Organisation des Nations Unies « plus forte, plus représentative et plus efficace ». C’est ce que a affirmé jeudi le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, lors de son allocution devant l’Assemblée générale des Nations Unies.
Le mandant sénégalais rappelle que l’ensemble des défis qui traversent l’ONU demeure largement identifié, et que les difficultés financières qui touchent l’organisation freinent son action opérationnelle et alimentent des interrogations sur son efficacité. Cette réalité se fait sentir aussi bien dans les missions de maintien de la paix que dans la progression des Objectifs de développement durable, qui accusent des retards considérables.
« Face à cette réalité, il est vrai que peu de perspectives rassurantes existent, certains pourraient être tentés de considérer le multilatéralisme comme un modèle dépassé et de s’écarter des mécanismes communs. Le Sénégal ne partage pas cette vision », a-t-il souligné jeudi lors de l’Assemblée générale des Nations Unies.
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À l’inverse, poursuit le président, c’est précisément parce que le monde est confronté à une multitude de crises sans précédent qu’il faut une Organisation des Nations Unies « plus forte, plus représentative et plus efficace ».
« Nous ne réglerons pas les crises en fragmentant davantage le système multilatéral. Nous ne bâtirons pas la paix sur une logique de rapports de force. Nous ne garantirons pas un ordre international juste en substituant la force au droit. Ce serait compromettre la raison même d’être de l’Organisation : le dialogue, la prévention des conflits, le règlement pacifique des différends, la coopération et le respect du droit international », a-t-il expliqué.
L’initiative ONU 80, une opportunité de transformer l’organisation
Dans ce cadre, le chef de l’État sénégalais voit dans l’initiative ONU 80 une opportunité historique de conduire les transformations structurelles et normatives qui s’imposent.
« Toutefois, réformer l’Organisation des Nations Unies ne doit pas gommer son ambition ; au contraire, elle doit la rendre moins lourde de bureaucratie, plus agile dans l’action, plus efficace dans les dépenses et mieux coordonnée entre le siège et le terrain afin de mieux servir les peuples qu’elle représente. Le Sénégal soutient cette dynamique », a-t-il affirmé, ajoutant que le Sénégal participe au renforcement du système onusien par la construction, sur ses ressources propres, de la Maison des Nations Unies dans la nouvelle ville de Diamniadio, à une trentaine de kilomètres de Dakar.
« Cette plateforme, équipée des technologies les plus avancées, accueillera sur un seul site l’ensemble des entités du système des Nations Unies, renforçant ainsi la cohérence et l’efficacité. Mais une organisation plus robuste suppose aussi que les États membres honorent leurs engagements financiers au titre de leurs contributions statutaires », a-t-il conclu.