L’avènement de l’intelligence artificielle (IA) pourrait contribuer à modifier en profondeur les dynamiques d’inégalités de développement à l’échelle mondiale. Le tout dernier rapport Goalkeepers de la Fondation Gates, publié le mardi 15 septembre, appelle notamment à adapter l’IA aux diverses langues parlées dans le monde afin de réduire fortement ces écarts.
Publié le mardi 15 septembre, le Goalkeepers Review 2026 de la Fondation Gates, intitulé « Changeons la donne : IA et équité, l’urgence d’un choix », place l’inclusion au cœur des réflexions sur l’intelligence artificielle. Le contexte planétaire exige que l’IA soit au service de chacun afin de diminuer sensiblement les inégalités et d’en faciliter l’accès pour les populations les plus pauvres et les plus vulnérables.
Il s’agit aussi de combler le fossé entre les pays riches et les pays en développement et de contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) fixés par les Nations Unies. Tel qu’il est conçu aujourd’hui, le développement de l’intelligence artificielle bénéficie davantage aux habitants des pays du Nord qu’à ceux du Sud, ce qui pourrait aggraver les disparités de développement.
Cependant, pour y parvenir, le rapport Goalkeepers identifie trois priorités. La première consiste à adapter l’IA aux langues du monde et à veiller à ce que les outils d’intelligence artificielle fonctionnent dans toutes les langues parlées. « La majeure partie du monde reste invisible pour les modèles d’IA actuels. Ces systèmes ont été entraînés principalement sur ce qui circule sur Internet, et Internet reflète un monde fortement inégal. Plus de 90 % des données utilisées pour former les premiers grands modèles linguistiques provenaient de sources anglophones », indique le document.
S’appuyer sur des données locales
Pour preuve, insiste Goalkeepers, si l’IA doit contribuer à améliorer la santé sur un continent qui regroupe plus de 2 000 langues, elle doit comprendre ce que les populations disent réellement et la manière dont elles s’expriment, y compris leurs dialectes, leurs accents et leur argot.
Toutefois, cela « exige des investissements dans des ensembles de données linguistiques locaux et des évaluations adaptées à l’usage de la langue dans les régions que ces outils sont destinés à servir ».
Ensuite, le rapport rappelle la nécessité pour les outils d’IA de s’appuyer sur des données locales et de s’adapter aux réalités propres à chaque territoire. Car « développer une IA qui fonctionne dans tous les contextes nécessite de collecter les bonnes données locales (dossiers médicaux, rendements agricoles, tendances météorologiques, modes d’apprentissage des élèves) auprès des populations et dans les lieux que ces outils doivent servir ».
Ce faisant, souligne Goalkeepers, « les pays doivent pouvoir décider de la meilleure manière de gérer et de protéger ces données, notamment de la façon dont elles sont stockées, selon quelles modalités et avec qui elles sont partagées. Enfin, le rapport appelle à investir dans les compétences humaines et à améliorer l’accès aux outils afin de mettre l’IA au service de tous.