Faisant suite à une première édition tenue à Paris, le Complexe Mora Couture remet le travail couture sur le devant de la scène et prépare une nouvelle vitrine. Les 25 et 26 septembre 2026, Baye Mor Niang convie la diaspora sénégalaise à Fontenay-sous-Bois pour la seconde édition de son Salon d’exposition. Cette rencontre est pensée comme une scène de la création sénégalaise, mais aussi comme un lieu de mise en réseau des talents tant au Sénégal qu’à l’étranger.
Cette initiative vise à gagner en envergure. Après une première édition organisée l’an passé dans le 16e arrondissement de Paris, près de la Tour Eiffel, Mora Couture revient avec une seconde édition programmée les 25 et 26 septembre au Novotel Hôtel de Paris, à Fontenay-sous-Bois. Une étape nouvelle pour Baye Mor Niang, fondateur du Complexe Mora Couture, qui veut faire de cet événement un véritable espace de promotion des savoir-faire sénégalais.
« Peut-être une deuxième édition, pourquoi pas jusqu’à la millième ? », lance le styliste, résumant une ambition qui va au-delà d’un simple rendez-vous commercial. Cette année, le salon s’appuie notamment sur une collaboration avec IBC Invest International et l’association SOS Casamance.
Une vitrine pour les talents de la diaspora
Au-delà de la mode, cette deuxième édition entend réunir divers profils issus de la diaspora sénégalaise. Artisans, créatrices, productrices de savons, confectionneuses de sacs ou encore exposantes évoluant dans différents secteurs sont invités à présenter leur travail.
Pour Baye Mor Niang, l’enjeu est de « regrouper toutes les exposantes qui se trouvent à travers le monde », en particulier celles vivant au Sénégal et en France. Le salon se veut ainsi une plateforme où la diaspora peut mettre en valeur ses productions et créer des passerelles entre les marchés.
La présence annoncée de personnalités et de représentants de la communauté sénégalaise en France doit aussi conférer une dimension particulière à cette rencontre. Le styliste évoque notamment Amadou Sylla, président de SOS Casamance, dont il rappelle le soutien dans le développement de son activité en France.
De Dakar à Paris, l’essor d’une marque sénégalaise
Derrière le salon se cache aussi l’histoire d’un homme et d’une marque cherchant à franchir les frontières. Baye Mor Niang raconte avoir commencé sa carrière en 1997, dans une famille où la couture était une tradition. Après plusieurs années d’expérience, notamment en Mauritanie et au Burkina Faso, il revient à Dakar en 2000 et développe progressivement son activité.
Son choix est alors de ne pas se limiter à la confection sur commande. « Je préférais m’approvisionner en tissus en vrac pour pouvoir produire et être autonome et vendre », explique-t-il.
Cette démarche témoigne de son désir de bâtir une véritable marque. Mora Couture aspire aujourd’hui à s’imposer sur un marché international dominé par de grandes enseignes. « Mora, son rêve, c’est de voir la marque Mora partout dans le monde, dès la sortie d’un aéroport ou dans les grandes surfaces », affirme le styliste.
Des costumes, des maillots, des blousons, des casquettes et d’autres tenues figurent parmi les articles qu’il imagine porter l’étiquette sénégalaise au-delà du continent.
Une expérience internationale déjà engagée
Cette ambition s’appuie sur plusieurs expériences à l’étranger. Baye Mor Niang évoque notamment sa participation aux activités liées aux Jeux olympiques de 2024 en France, où il affirme avoir habillé l’orchestre de Station Afrique.
Entre 2024 et 2025, il participe aussi à plusieurs rendez-vous en France, au Portugal, en Allemagne, au Luxembourg et en Espagne dans le cadre de ses collaborations avec IBC Invest International. Ces rencontres, dit-il, sont autant d’occasions de mettre en lumière la jeunesse africaine et la diaspora.
La collaboration avec IBC Invest International constitue l’un des axes forts de cette seconde édition. Le styliste rend hommage à son président, Ibrahima Badji, qu’il décrit comme « un homme de réseau » et comme un acteur ayant facilité ses liens avec plusieurs personnalités de la diaspora en Europe.
La formation des jeunes au cœur du projet
Si le vêtement demeure le cœur de son activité, Baye Mor Niang veut aussi faire de la transmission une composante centrale de son initiative. Son parcours dans la production lui a déjà permis de diriger un important atelier pendant la période Covid-19, où il affirme avoir supervisé plus de 400 personnes et participé à la fabrication de plusieurs millions de masques.
Aujourd’hui, il souhaite aller plus loin en ouvrant la formation à davantage de jeunes sans qualification. Son objectif : leur permettre d’acquérir un métier dans la couture, le stylisme, le modélisme ou le design.
« Former des jeunes sans métier ni qualification, pendant 1 à 2 ans », précise-t-il, afin qu’ils deviennent « de grands stylistes, de grands modélistes, de futurs créateurs de design ».
Le salon devient ainsi, dans sa vision, bien plus qu’une vitrine commerciale. Il doit aider à faire connaître des parcours, à connecter les talents et à encourager la création.
Une demande d’accompagnement de l’État
Cette ambition s’accompagne toutefois d’un appel aux pouvoirs publics. Baye Mor Niang affirme avoir financé ses différentes foires sur ses propres moyens et déplore l’absence d’accompagnement de l’État. « L’État ne m’a jamais accompagné », déclare-t-il, évoquant notamment les opportunités que pourraient offrir les grands événements sportifs organisés en France.
Le styliste souhaite désormais porter directement cette demande auprès des autorités sénégalaises. Il envisage notamment de solliciter une audience auprès du président de la République afin de présenter son projet en faveur de la formation et de l’insertion des jeunes.
Faire du « Made in Sénégal » une présence mondiale
À travers cette deuxième édition, le Complexe Mora Couture cherche donc à conjuguer plusieurs objectifs : promouvoir la mode, valoriser les entrepreneurs de la diaspora, créer des passerelles professionnelles et donner une visibilité internationale aux productions sénégalaises.
« Mora Couture a envie de montrer à la face du monde que le Sénégalais peut naître à Dakar, grandir à Dakar et aller sur le monde entier », résume Baye Mor Niang.
Les 25 et 26 septembre, à Fontenay-sous-Bois, la deuxième édition du Salon d’exposition se présente ainsi comme une nouvelle étape de cette ambition : faire de la création sénégalaise une présence identifiable sur les marchés internationaux, tout en rapprochant ceux qui la portent, au Sénégal comme dans la diaspora.