Pour améliorer l’accès à l’eau des agriculteurs, l’agence nationale des énergies renouvelables (ANER) lance une initiative de diffusion des systèmes de pompage alimentés par l’énergie solaire. Ainsi, le Centre interprofessionnel pour la formation aux métiers de l’agriculture (Cifa) du village de Ndiaye Mberess, dans la commune de Diama, a accueilli un atelier de concertation réunissant les différentes parties prenantes.
Ndiaye-Mberess (commune de Diama)- Le Centre interprofessionnel pour la formation aux métiers de l’agriculture (Cifa) a reçu, ce jeudi 17 septembre 2026, un atelier de dialogue et de planification sur le déploiement des systèmes de pompage solaire dans la région de Saint-Louis. L’Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER) a réuni autour de la table les autorités administratives, les élus locaux, les producteurs et les partenaires techniques et financiers pour discuter d’un enjeu crucial : réduire les coûts de production agricole en facilitant l’accès à l’eau grâce au photovoltaïque. « L’un des défis fondamentaux auxquels nous faisons face au Sénégal, c’est l’accès à une alimentation à faible coût », a déclaré le professeur Diouma Kobor, directeur général de l’ANER. Il a rappelé que les producteurs peinent à concurrencer les produits importés, en particulier le riz, en raison du coût élevé de l’eau et de l’énergie. « La technologie la moins coûteuse pour produire de l’énergie, c’est le solaire photovoltaïque. C’est un fait », a-t-il insisté, soulignant l’avantage d’un soleil disponible quasiment toute l’année.
L’objectif de l’ANER est double : accompagner les agriculteurs vers le pompage solaire et développer des chambres froides solaires pour la conservation des productions agricoles. M. Kobor a mis en avant la difficulté liée à l’investissement initial. « Nous avons décidé de réunir les financiers, les autorités et les producteurs pour que les équipements soient accessibles avec un coût mensuel bien inférieur à celui du carburant ou de la facture Senelec, sans qu’il soit nécessaire de débourser un premier franc », a-t-il expliqué. Par ailleurs, l’ANER s’appuie déjà sur des partenaires influents. L’Alliance solaire internationale (ISA) s’est engagée à accompagner l’installation de 2 000 à 2 500 pompes. La GIZ et d’autres bailleurs suivent également l’effort. Si la région de Saint-Louis, riche de ses atouts agricoles, constitue une cible prioritaire, le programme demeure à l’échelle nationale. « Nous visons le monde agricole sur l’ensemble du territoire », a précisé le professeur Kobor, qui a également souligné l’enjeu d’équité : le taux d’électrification rural demeure autour de 65 % contre près de 98 % en milieu urbain.
De son côté, l’adjoint au préfet du département de Dagana, Landing Diatta, a salué l’initiative. « La maîtrise de l’eau est indispensable. Sans elle, nous ne pouvons pas garantir de bonnes récoltes », a-t-il affirmé. Pour lui, le pompage solaire contribuera à la souveraineté alimentaire, à la réduction des charges des producteurs et à l’autosuffisance. Il a appelé les unions et les agriculteurs à s’approprier rapidement le projet, rappelant que les énergies renouvelables représentent une réponse face aux aléas géopolitiques qui font fluctuer le prix du baril.
L’atelier de Diama marque ainsi une étape ambitieuse dans la transition énergétique au service de l’agriculture. L’ANER et ses partenaires entendent transformer l’ensoleillement en levier de compétitivité pour les producteurs sénégalais.