Les fidèles et habitants du quartier s’opposent à la démolition de la mosquée Masjid QUDS à Niarry Tally, après avoir reçu, ce samedi 19 septembre 2026, une injonction émanant de la mairie.
Sommés de quitter leur lieu de culte, une notification émanant de la mairie de Grand-Dakar les contraint à partir, et les usagers ont tenu, ce vendredi 18 septembre 2026, une conférence de presse pour dénoncer ce qu’ils perçoivent comme une décision injuste.
« Nous avons grandi en fréquentant ce lieu de culte; ici, nous n’enseignons que l’Islam et la Sunnah, sans rien qui contredise la foi. Nous nous efforçons simplement de diffuser les enseignements du Prophète (Paix sur lui). Beaucoup d’éléments viennent ici, notamment des enfants, pour apprendre leur religion. Cela devrait être une fierté pour la communauté », a déclaré Abdou Khadre Signaté, l’un des imams de la mosquée Masjid QUDS à Niarry Tally.
D’après cet imam, l’endroit sert aussi à promouvoir le civisme et est entretenu avec soin. Il précise que leur véritable ambition est d’enseigner, d’éduquer les jeunes et de les sensibiliser.
« Nous faisons uniquement cela, malgré les accusations visant à déplacer la mosquée. Pour nous, seule la religion peut guider les gens sur le droit chemin. Notre cri du cœur est de préserver ce lieu afin de poursuivre notre mission, qui nous paraît noble. Les JOJ n’ont AUCUN lien avec l’emplacement de la mosquée, c’est donc purement un prétexte », a-t-il ajouté.
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En réalité, les usagers affirment que cette mosquée existe depuis plus de cinq décennies et a vu passer plusieurs générations de fidèles de la localité.
« Le maire Mamadou Diop, à l’époque d’Abdou Diouf, nous avait permis de nous installer ici. Au début, nous n’avions que des nattes et priions sous le soleil et la pluie. Progressivement, une base s’est créée. Le préfet nous a demandé de nous installer sur place. La police nous a ensuite sommés d’arrêter les travaux, c’est pourquoi la construction s’est arrêtée à ce niveau. Nous avons entouré le reste de la mosquée avec des grilles et des bâches », a expliqué l’imam Omar Touré.
Pour lui, il est inacceptable de substituer un espace sacré par des lieux de divertissement.
« En tant que musulmans, c’est intolérable. J’ai pris contact avec le responsable des Affaires religieuses de la mairie de Dakar, mais il m’a dit qu’ils ne sont pas informés de l’affaire et qu’ils ne sont pas concernés. Nous ne cherchons pas à bloquer leurs projets, mais au moins qu’ils nous laissent continuer nos activités. Notre seul objectif est de préserver notre lieu de culte », a-t-il affirmé.
La députée Seynabou Yacine Samb apporte son soutien
Présente pour appuyer cette cause qu’elle estime noble, la députée Seynabou Yacine Samb, originaire de Niarry Tally, affirme que c’est cette mosquée qui les a formés. Elle rappelle notamment que le mariage de sa petite sœur a été célébré ici, il y a plus de trente ans.
« Nous sommes tous des Sénégalais et je ne peux accepter qu’on interdise la construction d’une mosquée où l’on forme les jeunes, surtout en période où l’on parle d’une crise des valeurs. Même si c’est pour les JOJ, cela n’empêche pas les gens de pratiquer leur culte », a-t-elle regretté.
« J’en appelle au maire pour éviter toute source de frustration et tout appel à la révolte populaire. Nous sommes des frères et sœurs malgré nos divergences religieuses. Détruire cette mosquée n’honore pas l’image du Sénégal. C’est un héritage religieux », a conclu la parlementaire.