Des législateurs du Bénin, du Burkina Faso et du Sénégal participent depuis mercredi à Dakar à un atelier régional consacré à la régulation de l’intelligence artificielle (IA). Cette séance, organisée par Niyel avec l’Assemblée nationale, réunit aussi des représentants des ministères concernés, ainsi que des acteurs de l’AUDA-NEPAD et de la CEDEAO.
Pendant trois jours, les participants passent en revue les cadres juridiques en vigueur dans les pays impliqués et leur articulation avec les politiques et cadres régionaux. L’objectif est notamment d’identifier les défis partagés et de proposer des pistes de recommandations pour élaborer des mécanismes adaptés à l’évolution rapide de l’intelligence artificielle.
Cet atelier se déroule dans un contexte marqué par l’essor rapide des technologies d’IA, qui soulève de nouvelles questions pour les décideurs et les institutions publiques. Parmi les enjeux examinés figurent la protection des citoyens, les droits, la gouvernance des données, la responsabilité, l’innovation et l’inclusion.
À l’ouverture des travaux, Aliou Sène, président de la Commission Communication et Culture de l’Assemblée nationale du Sénégal, a insisté sur la nécessité pour les parlementaires de maîtriser les enjeux liés à l’IA avant d’envisager d’éventuelles initiatives législatives.
« Nous devons comprendre avant de légiférer. Nous devons anticiper plutôt que subir », a-t-il déclaré, appelant aussi à trouver un équilibre entre la protection des citoyens et l’accompagnement de l’innovation.
La dimension régionale de la rencontre a été mise en avant par Mbene Faye, quatrième vice-présidente de l’Assemblée nationale sénégalaise et présidente du Réseau des femmes parlementaires. Selon elle, la participation de parlementaires du Sénégal, du Burkina Faso et du Bénin offre un cadre propice à la comparaison des expériences nationales, à l’identification des difficultés communes et à la recherche de réponses coordonnées.
Pour Niyel, la régulation de l’IA ne peut se limiter à l’adoption de textes législatifs. Elle passe aussi par le renforcement des capacités des décideurs et par la participation des citoyens et de la société civile aux débats sur la gouvernance de cette technologie.
Valérie Traoré Bassène, directrice exécutive de Niyel, a souligné que « l’intelligence artificielle évolue beaucoup plus rapidement que nos cadres législatifs ». Elle a plaidé pour la multiplication des espaces permettant aux différents acteurs de mieux comprendre les enjeux, de les questionner et de les anticiper.
Au cours des travaux, les participants devront passer en revue les lois nationales existantes, les comparer aux cadres régionaux, relever les lacunes éventuelles et formuler des recommandations. L’objectif est d’aider à faire émerger des cadres de gouvernance de l’IA conciliant protection des citoyens, innovation, responsabilité, éthique et inclusion.
Selon Niyel, l’organisation fondée à Dakar, ce collectif de plaidoyer africain s’intéresse depuis près de vingt ans à des questions liées à la gouvernance des données et à l’intelligence artificielle.