Des professionnels de la pêche artisanale sollicitent auprès de la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Amy Mara Dièye, une mise en suspens du dégel de l’arrêté de 2006 relatif aux licences de pêche démersale côtière.
Dans un communiqué publié ce mercredi, le Conseil national interprofessionnel de la pêche artisanale au Sénégal (Conipas) affirme que « la confirmation du dégèle de l’arrêté 2006 ne contribue pas à une meilleure gouvernance des ressources halieutiques ». L’organisation rappelle qu’au cours d’une rencontre convoquée par le Premier ministre le 9 juin dernier, « la majorité des acteurs présents avait plaidé pour l’annulation du dégèle dudit arrêté ».
Le Conipas se fonde sur les résultats du Centre de recherches océanographiques de Dakar-Thiaroye (Crodt), qui indiquent un « potentiel exploitable de 2 921 tonnes ». Un chiffre considéré comme « insignifiant par rapport aux besoins du marché local ». Ce collectif, regroupant des acteurs de la pêche artisanale, met toutefois en garde contre les captures d’autres espèces : « Pour atteindre ces 2921 tonnes, d’autres espèces, pleinement et surexploitées, seront prélevées », notamment le thiof et le merlu.
Face à cette situation, le Conipas appelle la ministre à « surseoir à cette décision et à privilégier la concertation ». Il recommande notamment de renforcer la surveillance avec les professionnels de la pêche artisanale, d’évaluer régulièrement les ressources et d’instaurer « un repos biologique intégral incluant la pêche artisanale et la pêche industrielle ».
L’organisation demande aussi de lutter contre « les mauvaises pratiques de pêche et la pêche Inn ». Elle exhorte enfin l’administration, les professionnels et les organisations non gouvernementales à favoriser une « large concertation pour une meilleure gestion des ressources halieutiques », estimant que « les stocks des ressources halieutiques ne cessent de diminuer d’année en année ».