Le nouveau rapport du Fonds international de développement agricole (FIDA), publié le 14 septembre et intitulé « Sending Money Home 2026. Beyond remittances: From lifeline to resilience – one family at a time » (Aider les siens en 2026. Les envois de fonds comme point de départ : de la survie à la résilience, famille par famille), se penche sur les envois de fonds à destination des familles (IDFR) effectués par 220 millions de migrants et de membres de la diaspora qui soutiennent 1,1 milliard de proches, et révèle que ces flux ont presque doublé en une décennie, s’approchant des 729 milliards de dollars US en 2025.
Les flux envoyés vers les pays à revenu faible ou intermédiaire ont atteint 728,6 milliards USD en 2025, un chiffre qui dépasse de plus de quatre fois l’aide publique au développement mondiale pour la même année et qui surpasse les investissements étrangers directs réalisés dans ces pays. Ce constat est mis en avant dans le communiqué du Fonds international de développement agricole (FIDA), daté du 11 juin 2026 et signé à Rome par le Responsable de la communication et des médias à l’échelle mondiale, Alberto Trillo Barca.
Le nouveau rapport met en lumière le rôle crucial que jouent ces envois dans le soutien des familles, le renforcement de la résilience économique et l’avancement de l’inclusion financière. D’après les données, 220 millions de migrants et de membres de la diaspora aident 1,1 milliard de proches, ce qui signifie qu’environ une personne sur six dans le monde bénéficie de ces transferts. Selon Alvaro Lario, le Président du FIDA, « les envois de fonds permettent aux familles de subvenir à leurs besoins essentiels tout en augmentant leur capital et leur capacité de résilience face aux chocs ».
Par ailleurs, le document explore comment les politiques publiques, les partenariats et les services financiers peuvent renforcer l’impact des envois de fonds sur la résilience rurale, l’entrepreneuriat et l’emploi. Dans ce cadre, il est souligné que « l’utilité potentielle de cet instrument est maximisée lorsque les familles disposent de services financiers abordables et fiables et qu’elles possèdent les connaissances, les choix et les solutions nécessaires pour déployer leurs ressources selon leurs besoins et leurs aspirations ».
Le rapport indique que « près d’un tiers des fonds envoyés par les personnes qui migrent vers leur pays d’origine, soit environ 233 milliards USD, ont été reçus dans les zones rurales, où l’accès à l’emploi formel, aux services financiers et aux infrastructures publiques est souvent très difficile et où cet apport peut être décisif ». Il précise également que les familles bénéficiaires investissent environ 22 milliards USD chaque année dans les systèmes agroalimentaires ruraux, soutenant la production agricole, les entreprises rurales et les perspectives d’emploi locale.
Des transferts qui impactent la résilience des zones rurales, l’entrepreneuriat et l’emploi
Depuis 2016, le montant global des envois de fonds — dont plus de la moitié est désormais émis par voie numérique (ce qui réduit les frais de transfert), même si l’argent liquide reste largement utilisé dans de nombreux circuits — a enregistré une hausse de 94 % en 2025, une croissance qui dépasse celle de la population et celle de l’émigration dans les pays à revenu faible ou moyen.
Le rapport démontre que, au cours de la dernière décennie, les envois de fonds se sont maintenus comme l’une des principales sources de financement des ménages à l’échelle mondiale et l’une des plus régulières, leur permettant de subvenir à leurs besoins essentiels, d’accroître leur résilience et d’investir pour l’avenir, même dans les périodes de crise.
De plus, les transferts destinés aux zones rurales ne profitent pas uniquement aux ménages qui les reçoivent mais aussi à l’économie locale, en soutenant les entreprises, l’emploi et les systèmes alimentaires locaux, a précisé Alvaro Lario.
« Pour des millions de familles rurales, ces fonds peuvent constituer un premier pas vers l’épargne et l’assurance et vers des solutions de crédit adaptées. Ils peuvent aussi ouvrir un chemin de résilience face aux chocs économiques et climatiques. Cela s’accompagne fréquemment d’un élargissement des perspectives, au point que la migration cesse d’être une nécessité », peut-on lire dans le document. Il suggère également que certaines mesures de politiques publiques pourraient être mises en œuvre pour renforcer l’impact des envois de fonds en matière de résilience, d’inclusion financière et d’opportunités économiques, tout en rappelant que cet instrument de financement privé ne peut pas remplacer l’investissement public, la protection sociale ou le financement de l’action climatique.
Enfin, le rapport appelle les autorités publiques, les régulateurs, les institutions financières et les partenaires de développement à rendre les transferts moins coûteux et plus transparents, à mieux servir les zones rurales, à renforcer les capacités financières et numériques et à élargir l’accès des familles à l’épargne, à l’assurance et à des solutions adaptées de crédit et d’investissement.