Après plusieurs saisons au Havre Athletic Club (Hac), où il a franchi un cap et gagné en maturité, Rassoul Ndiaye (24 ans) s’est imposé comme l’un des cadres de l’équipe normande, jusqu’à hériter du brassard de capitaine. Entre ses souvenirs, son évolution, ses ambitions avec Le Havre et son envie de retrouver la sélection sénégalaise, le milieu de terrain qui a honoré sa première sélection avec les Lions le 26 mars 2024, à l’occasion du match amical remporté (1-0) face au Bénin, revient sur son parcours et affiche ses ambitions pour la suite.
Vous avez commencé votre formation dans la région de Besançon avant d’intégrer le FC Sochaux. Quels souvenirs vous restent de cette étape de votre parcours ?
Cette période restera marquée par de très belles années. J’y ai surtout tissé des liens d’amitié qui ont pris par la suite des airs fraternels, et cela me laisse de magnifiques souvenirs.
À Sochaux, vous êtes passé de la formation au monde professionnel. Quel moment vous a réellement donné le sentiment que vous pourriez devenir footballeur professionnel ?
Je n’y avais pas nécessairement réfléchi de manière précise. Mais dès les U19, mes performances solides m’ont fait prendre conscience que le football professionnel pouvait devenir une réalité pour moi.
Pourquoi avoir choisi le projet du HAC et qu’est-ce que ce changement a représenté dans votre carrière ?
Le Havre, sans doute l’un des meilleurs clubs de l’Hexagone, était celui qui manifestait le plus clairement son intérêt pour moi. D’ailleurs, ils ont pris l’initiative d’appeler directement ma famille et mon agent dès qu’ils ont su que le transfert pouvait se concrétiser. Le projet du club m’a plu, et je n’ai pas hésité une seconde.
Depuis votre arrivée au Havre, comment jugez-vous votre évolution ?
J’ai énormément mûri depuis ma première saison. Je ne suis plus le même joueur que lorsque je suis arrivé. Bien sûr, il y a eu des hauts et des bas, mais les périodes difficiles m’ont aidé à devenir celui que je suis aujourd’hui.
La saison 2025-2026 a été particulièrement réussie pour vous. La considérez-vous comme votre meilleure étape depuis le début de votre carrière, et pourquoi ?
Sur le plan statistique, c’est peut-être la plus aboutie, mais surtout j’ai gagné en maturité. Mes années à Sochaux avaient été positives aussi, mais le cadre était différent.
Vous avez inscrit 4 buts et délivré 4 passes décisives en Ligue 1 la saison dernière. Qu’est-ce qui vous a permis de franchir ce cap en termes d’efficacité et de régularité ?
La confiance. Je suis convaincu que c’est l’élément le plus déterminant dans le football. Enchaîner quelques bonnes performances ouvre généralement la porte à une suite plus fluide et régulière.
Quel match ou quel moment de cette saison au HAC vous a le plus marqué ?
Pour ceux qui étaient présents, le penalty que j’ai provoqué et qui a été transformé par Abdoulaye Touré demeure un moment incroyable pour le club, lors de la dernière journée. Cette action nous a permis de rester au plus haut niveau du football français.
Après cette saison de référence, ressentez-vous davantage de pression ou, au contraire, davantage de confiance ?
Plutôt une confiance grandissante. Non seulement sur le plan personnel, mais aussi de la part des joueurs et du staff, car j’ai été choisi capitaine pour cette saison.
Sur quels aspects de votre jeu souhaitez-vous encore progresser cette saison ?
Mon objectif est d’être encore plus décis que l’année précédente, car c’est ce que j’aime, et surtout aider l’équipe à atteindre ses objectifs plus rapidement que l’an dernier.
Aujourd’hui, quel rôle voulez-vous tenir au sein du HAC, sur le terrain mais aussi dans le vestiaire ?
Je veux occuper un rôle de leader, quelqu’un sur qui les joueurs peuvent s’appuyer, aussi bien sur le terrain qu’en dehors. Avec le brassard cette année, j’assume davantage de responsabilités grâce à mon vécu et mon expérience.
Vous portez également le maillot du Sénégal. Que représente pour vous le fait de jouer pour les Lions et de représenter le pays de vos origines ?
C’est quelque chose d’indescriptible de porter le maillot de l’équipe nationale. On représente tout un pays et c’est formidable ! J’espère que cette génération continuera à gagner encore et encore.
La concurrence est importante au milieu de terrain en sélection. Comment travaillez-vous pour gagner votre place et vous installer durablement dans l’équipe nationale ?
Oui, je pense que, si ce n’est pas la meilleure génération, cela demeure sans doute l’une des meilleures de l’histoire des Lions. Donc, la tâche est compliquée pour s’imposer. Néanmoins, en restant très régulier et en enchaînant de bonnes performances, j’espère réintégrer la sélection prochainement. Comme le dit le vieil adage, seul le travail paie…
Quels sont vos objectifs avec le Sénégal ? Est-ce que participer à une Coupe du monde et jouer un rôle important avec les Lions font partie de vos grandes ambitions ?
Effectivement, prendre part à une Coupe du Monde et jouer un rôle déterminant avec les Lions figurent parmi mes plus grandes ambitions. J’espère être prêt pour les prochaines échéances continentales et mondiales, notamment la CAN et la Coupe du Monde, afin de démontrer tout mon potentiel en sélection.
Quand vous regardez votre parcours, de Besançon jusqu’à la Ligue 1 et la sélection sénégalaise, quelle a été la période la plus difficile ?
Ma première année au HAC me semble être la plus éprouvante, tant sur le plan sportif qu’extra-sportif, car je n’étais pas performant et j’étais, pour la première fois, loin de ma famille.
À 24 ans, jusqu’où voulez-vous aller ? Quel est le rêve ultime de Rassoul Ndiaye, en club comme avec le Sénégal ?
Mon objectif est de partir sans regrets à l’issue de ma carrière et de ne pas me dire que j’aurais pu tenter ceci ou cela. Je veux pousser mes limites au maximum et remporter le maximum de titres possibles.