Dans le cadre de la célébration du mois national de l’alphabétisation, la coalition nationale des organisations actives en alphabétisation et éducation non formelle, (Cnoa-Enf) en partenariat avec l’Unesco a organisé hier mercredi un atelier de validation de son document de contribution à la stratégie nationale d’éradication de l’analphabétisme et de promotion des langues nationales. Le document vise à donner des pistes d’amélioration et d’innovations pour rendre le sous-secteur plus dynamique et plus efficace.
La rencontre qui s’est tenue au centre de ressources des acteurs non étatiques, sis à Sacré‑Cœur, a réuni l’ensemble des organisations œuvrant dans l’alphabétisation. Les partenaires techniques et financiers, les élus locaux et les représentants du ministère de l’éducation nationale ont aussi pris part à l’atelier. Le document de contribution, riche de 27 pages, s’articule autour de deux grandes parties :
Dans un premier temps, un état des lieux du sous-secteur qui dresse un diagnostic sans détour de l’alphabétisation au Sénégal. Au cours de son exposé, Mor Diakhaté, président de la coordination nationale des organisations actives en alphabétisation et éducation non formelle, soutient que le Sénégal a accompli de nombreux progrès mais que des défis subsistent, notamment en matière de financement, de gouvernance, de suivi-évaluation, de promotion des langues nationales, d’intégration du numérique dans les enseignements et apprentissages, ainsi que de qualité des programmes, entre autres.
Face à ces défis, la coalition nationale des organisations actives en alphabétisation et éducation non formelle (Cnoa-Enf) propose aux autorités des axes d’amélioration du document national, en procédant à un changement de paradigme. Selon Mor Diakhaté, ces axes portent sur l’amélioration des programmes : aujourd’hui, l’alphabétisation ne se limite pas à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul. Il faut désormais l’associer à la formation professionnelle, à l’entrepreneuriat, à la lutte contre le changement climatique et à l’intégration du numérique. La diversification des partenaires et la mise en place de mécanismes innovants de mobilisation des ressources constituent également une priorité, affirme-t-il.
Pour lui, l’alphabétisation ne se réduit plus à une affaire d’un seul ministère ou d’une seule direction. Il préconise une approche intersectorielle, en renforçant la synergie entre les ministères dédiés à la femme, à l’éducation, à la formation professionnelle et technique et à l’agriculture. « Une telle démarche pourrait permettre une meilleure rationalisation des ressources et améliorer la qualité des enseignements et apprentissages par la formation des acteurs », soutient le président de la coalition.
Dans son intervention, Seynabou Wade, directrice du Centre national de ressources éducationnelles (Cnre) et représentante du directeur de l’alphabétisation et des langues nationales Alioune Fall, s’est félicitée de la pertinence des propositions formulées par les organisations de la société civile qui œuvrent dans le champ de l’alphabétisation et des langues nationales. Selon elle, ce document, qui regroupe des suggestions et des propositions, constitue une véritable contribution à la stratégie nationale d’éradication de l’analphabétisme d’ici 2029. Il doit également aider les décideurs à prendre les décisions et à orienter correctement la mise en œuvre de cette stratégie.
Pape Coly NGOME