Quelques jours après le démarrage du Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS) et la signature d’un accord technique avec le FMI, le marché financier régional envoie un premier signal encourageant. D’après le professeur Amath Ndiaye, « la adjudication du 11 septembre 2026 prouve non seulement que le Sénégal a franchi son objectif de mobilisation, mais surtout que les investisseurs renouent avec de fortes intentions sur les échéances de trois et cinq ans. Une évolution marquante après des mois de tensions ».
Poursuivant, il indique dans son tribune que le 1er septembre 2026 marque sans équivoque une étape décisive dans la manière dont le Sénégal conduit sa politique économique et financière. « Le fait de maintenir, pour l’instant, la dette libellée en FCFA en dehors du périmètre du PTDS envoie aussi un message important aux établissements bancaires et aux investisseurs de l’UMOA. Cela diminue le risque immédiat d’une restructuration des titres détenus sur le marché régional et contribue à préserver le système financier de l’Union », souligne-t-il.
À cet égard, il précise que l’adjudication du 11 septembre 2026 donne un premier baromètre de la réaction des investisseurs. En effet, le Trésor visait 100 milliards de FCFA, et les offres reçues s’élèvent à environ 109,02 milliards, sur lesquelles 101,34 milliards ont été finalement retenus. Le pays dépasse légèrement son objectif.
Toutefois, le changement le plus notable réside dans la répartition des souscriptions, explique le professeur Ndiaye. « Pour le BAT à 364 jours, 31,46 milliards ont été soumis, avec 25,79 milliards retenus et un rendement moyen pondéré de 7,87 %. Pour l’OAT à trois ans, les offres s’élèvent à 47,37 milliards, dont 45,36 milliards ont été retenus, au rendement de 7,75 %. Enfin, les OAT à cinq ans ont collecté 30,19 milliards de FCFA et ont été presque entièrement retenus, affichant un rendement de 7,89 %. Au total, environ 75 % des 101,34 milliards mobilisés proviennent des maturités de trois et cinq ans », précise-t-il.
Selon lui, les investisseurs ne se contentent plus d’accorder des prêts au Sénégal à très court terme : ils acceptent de nouveau de s’engager massivement à moyen terme. D’après ses propos, l’annonce du PTDS ouvre une perspective de réduction des vulnérabilités de la dette. « L’accord avec le FMI offre un cadre macroéconomique plus crédible. Le choix de préserver la dette en FCFA rassure les détenteurs de titres régionaux. De plus, la perspective de nouveaux financements concessionnels pourrait potentiellement réduire la dépendance future du Sénégal vis-à-vis des émissions régionales coûteuses », précise-t-il.
Dès lors, il affirme qu’on peut raisonnablement parler d’un premier accueil favorable du marché régional face au tournant PTDS-FMI, tout en restant prudent quant au lien de causalité : une seule adjudication ne suffit pas pour démontrer que cette amélioration provient exclusivement de ces annonces.