À Athènes, sur le mythique stade Panathénaïque, la flamme des Jeux olympiques de la jeunesse « Dakar 2026 » a été officiellement remise au Sénégal lors d’une cérémonie chargée d’émotions et de symboles, marquée par des relais entre des athlètes grecs et sénégalais.
Athènes, ce jeudi 10 septembre. Le Panathénaïque est baigné d’un soleil qui irradie sans toutefois masquer la chaleur écrasante qui rappelle Dakar et le climat sénégalais. C’est un jour marquant, crucial et chargé d’histoire. Dans ce lieu où le temps olympique semble suspendu, la flamme des Jeux olympiques de la jeunesse « Dakar 2026 » s’apprête à prendre un nouveau départ vers le Sénégal. Il est 11h30. Dans les gradins, l’attente touche à sa fin. Sur la piste, une vingtaine de jeunes filles vêtues de rouge et de blanc apparaissent et exécutent une danse hip-hop avec une énergie maîtrisée. Deux minutes plus tard, une autre cohorte, une vingtaine de filles vêtues de bleu et de blanc, prend le relais. Le corps se déploie avec souplesse, les gestes s’enchaînent en démonstration. L’atmosphère est prête, la cérémonie peut commencer.
À 11h35, l’ambiance bascule. La chanteuse sénégalaise Kya Loum monte sur scène dans une tenue éclatante, tel un esprit grec moderne. Sa voix résonne dans l’enceinte antique et elle interprète un medley de ses titres, avant que la marche des drapeaux n’ouvre le bal des hymnes, avec les emblèmes du Comité international olympique (CIO), de la Grèce et du Sénégal. Ce n’est pas un trio de gestes, mais une marche parfaitement rythmée.
À 11h40, les couleurs nationales se déploient. Pour marquer un temps de recueillement, le public se lève et le silence s’impose peu à peu dans le stade. Une violoncelliste et une chanteuse livrent l’hymne olympique, procurant un premier frisson palpable. Puis Kya Loum revient, enveloppée dans un grand boubou blanc orné d’un couvre‑chef vert. L’hymne du Sénégal, « Le Lion rouge », est chanté a cappella, avec les accents et les envolées qui ravivent les vers et rehaussent les applaudissements. Puis viendra l’instant que tout le monde attend avec le souffle suspendu.
11h50 : L’allumage de la flamme
Une autre procession, tout aussi nombreuse, se déploie. Une trentaine de jeunes femmes, vêtues de robes longues évoquant les costumes de la Grèce antique, avancent avec une démarche précise, une branche de laurier en main. Entre danse et gymnastique chorégraphiée à la perfection, elles avancent au rythme d’un ballet millimétré et parfait. Le Panathénaïque retient son souffle.
À 11h57, la flamme jaillit à l’issue des gestes rituelisés de la grande prêtresse, Katerina Misichroni. La mise en scène est ingénieuse : au milieu d’un maillage de bras, le feu change de main à plusieurs reprises. Le geste paraît simple, mais son retentissement est immense. La flamme olympique entame officiellement son voyage en direction de Dakar.
« Il est temps que la flamme débute son voyage », lance presque solennellement la maîtresse de cérémonie. Désignée comme la chef des prêtresses, Katerina Misichroni transmet la torche à la relayeuse grecque Eleni Iakovaki, qui s’élance pour effectuer le grand tour de piste.
Puis s’inscrit le chapitre résolument sénégalais. Eleni Iakovaki cède la flamme au basketteur sénégalais Brancou Badio, accueilli par les applaudissements des spectateurs. Suit Kyriaki Zerva, puis la nageuse sénégalaise Oumy Diop prend le relais. Le dernier porteur sénégalais est Louis-François Mendy, spécialiste du 100 mètres haies. Enfin, Iason Mouselimis, représentant de la Grèce, boucle ce premier tour de piste. Le relayeur final embrase le vase. Il est 12h00.
À 12h01, le ton des discours prend le pas : « Dakar 2026 ouvre grand ses portes à l’Afrique et au reste du monde », affirme Isidoros Kouvelos, président du Comité olympique grec.
Midi pile, Dakar brille
Quelque temps plus tard, une autre personnalité entre dans l’histoire de cette cérémonie : Kirsty Coventry. Habillée entièrement de blanc, l’Afriqueine qui dirige le Comité international olympique mesure l’ampleur du moment et parle avec émotion. Elle rappelle ce que représente, pour elle, l’organisation des premiers Jeux sur le continent en tant qu’Africaine. « En tant qu’Africaine, ce moment signifie beaucoup pour moi. C’est un immense honneur. Un pays africain qui accueille le monde olympique, c’est un rêve qui devient réalité », confie-t-elle. Elle parle de fierté. Pour le Sénégal. Pour l’Afrique. Et surtout de ce rendez‑vous avec le monde. « Dakar va dévoiler quelque chose de spécial au monde, pas seulement pour le Sénégal, mais aussi pour l’Afrique. » Dans les travées du Panathénaïque, son message résonne comme une promesse.
À 12h17, Mamadou Diagna Ndiaye prend la parole pour la séquence finale (voir article distinct sur son allocution). Puis, à 12h24, la grande prêtresse remet la torche au président du CIO grec, qui la transmet ensuite à Mamadou Diagna Ndiaye. Birame Senghor et Maurice Diouf, les gardiens de la flamme lors de son trajet des Athènes à Dakar, entrent en scène avec une lanterne et la remettent ensuite au président du Cnoss.