Dans sa Déclaration de politique générale (DPG), présentée ce mardi 8 septembre devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a également accordé une place importante aux secteurs qui touchent directement aux conditions de vie des populations : le logement, la santé et la production de médicaments.
Objectif ambitieux pour l’habitat et le renouvellement urbain
Le tout premier pilier du programme porte sur l’accès au logement et la rénovation des espaces urbains. Le cap tracé est audacieux: viser cinq cent mille logements à l’horizon 2035.
Cette initiative s’insère dans un contexte marqué par un déficit estimé à environ 300 000 logements, dont une part significative se concentre dans la région de Dakar. Au‑delà de la simple construction, le plan vise aussi à répondre aux défis posés par une urbanisation rapide et par la transformation des territoires urbains.
Le logement est ainsi présenté comme une question sociale majeure, mais également comme un secteur capable de dynamiser l’activité économique et de générer des emplois.
Quatre nouveaux hôpitaux régionaux
La santé constitue le deuxième grand axe de ce volet social. Le gouvernement prévoit la mise en œuvre d’un programme hospitalier régional, assorti d’une modernisation des plateaux techniques, afin de rapprocher progressivement le Sénégal des standards internationaux en matière d’accès aux soins.
Le diagnostic établi dans la DPG met en évidence les insuffisances actuelles du système hospitalier. Le pays compte environ un lit d’hôpital général pour près de 2 600 habitants et un lit de réanimation pour 147 000 habitants.
Face à cette situation, la construction de quatre hôpitaux régionaux de niveau 3 a été élevée au rang de priorité stratégique. Ces établissements, dotés d’une capacité de 350 lits chacun, devraient être implantés à Saint-Louis, Ziguinchor, Mbour et Kaolack.
Le gouvernement prévoit de recourir à de grands partenariats public-privé pour la réalisation de ces infrastructures, qui devraient constituer les premiers PPP d’envergure dans le secteur de la santé.
Vers une souveraineté pharmaceutique
Le troisième chantier concerne la souveraineté pharmaceutique. Le gouvernement a l’intention de développer un véritable cluster pharmaceutique afin d’augmenter sensiblement la production locale de médicaments.
L’objectif annoncé est de faire passer la part de la production locale de 15 % à 50 % d’ici à 2035, afin de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations et de renforcer sa capacité à répondre à ses besoins sanitaires.
À travers ces trois programmes, exposés par le Premier ministre dans sa Déclaration de politique générale, le gouvernement entend faire des projets catalyseurs un instrument d’amélioration concrète du quotidien des Sénégalais.
L’accès à un logement décent, le renforcement de l’offre hospitalière et le développement de la production locale de médicaments apparaissent ainsi comme trois dimensions d’une même ambition : faire de la transformation économique un levier direct de progrès social.