À travers sa feuille de route stratégique couvrant 2026-2030, Gënji Hip Hop ambitionne de hisser son action en faveur de l’autonomisation des femmes au cœur des industries culturelles et créatives à un nouveau palier. L’organisation prévoit notamment de former 500 femmes, d’accompagner 100 projets portés par des femmes et d’étendre son rayonnement au Sénégal et dans l’Afrique de l’Ouest.
La structure prévoit notamment de former 500 femmes, d’accompagner 100 projets portés par des femmes et d’étendre son rayonnement au Sénégal et dans l’Afrique de l’Ouest.
La Villa 13 A, située à Ouakam, s’est métamorphosée, samedi 5 septembre, en un véritable antre dédié aux années 80. Les invités du concept « Troc Gënji » ont troqué leurs tenues ordinaires contre des looks vintage, en accord avec le thème de la soirée, axé sur la mode, la musique et la culture des années 80. Pantalons pattes d’éléphant, coupes afro ou chemises amples: la rétrospective faisait écho à des styles d’époque.

Les participants ont également pu découvrir un espace consacré au troc et à la vente d’articles, de créations et d’accessoires vintage, le tout dans une ambiance musicale inspirée des années 80. Mais au-delà de cette immersion rétro, la soirée a surtout servi de cadre à Gënji Hip Hop pour présenter son Plan stratégique 2026-2030.
Faire des femmes des actrices à part entière des industries culturelles et créatives (ICC) : telle est l’ambition affichée par l’organisation. Pour concrétiser cette ambition, Gënji Hip Hop s’est fixé plusieurs objectifs à l’horizon 2030. L’organisation prévoit de former 500 femmes, d’accompagner 100 projets féminins dans les ICC, d’atteindre 1 000 membres au Sénégal et en Afrique de l’Ouest, mais aussi de nouer dix partenariats dans dix pays différents.

Sa feuille de route s’articule autour de la professionnalisation, la création, la visibilité, le leadership et la coopération internationale. Gënji Hip Hop entend notamment mettre en place un espace dédié aux femmes évoluant dans le secteur culturel. « Il est grand temps d’allouer une maison des cultures urbaines pour les femmes, ici au Sénégal, ou même un centre pour les femmes artistes et créatrices », plaide Maguette Diop, alias Magui.
La nouvelle présidente de Gënji Hip Hop souligne que l’objectif est de disposer d’un cadre permettant aux femmes de se former, de développer leurs projets et de renforcer leur autonomie artistique et professionnelle.« Nous voulons également faire de cet espace un lieu de création et d’innovation et en faire un incubateur pour tous les projets des femmes dans la culture », poursuit-elle. L’organisation ambitionne ainsi de contribuer à une plus grande égalité entre les femmes et les hommes dans les industries culturelles et créatives.
Former, soutenir et accroître leur visibilité
Le plan stratégique repose sur cinq axes majeurs. Les deux premiers concernent la professionnalisation et la mise sur pied d’un espace d’incubation. L’organisation prévoit de renforcer les capacités des femmes évoluant dans les ICC et, à terme, d’accompagner leurs projets culturels via le programme « Jangui ».
La visibilité figure également parmi les enjeux centraux. Le festival « Waxal suñu bop », programme phare de l’association, doit faciliter la diffusion des projets portés par les femmes. Après trois éditions, le festival est appelé à évoluer vers un format renouvelé, axé sur la musique et les femmes dans les ICC.
Le West African Women in Music Forum (WAWIM) doit constituer l’un des principaux rendez-vous de cette stratégie. Prévu en mars, selon la présidente, cette version renouvelée du forum doit prolonger les actions autour de la visibilité, du réseautage et du leadership des femmes dans l’industrie musicale. « Nous rêvons d’une industrie culturelle et créative où les femmes ne se contentent pas d’être présentes, mais prennent les décisions, dirigent, produisent, investissent, innovent et transmettent », a conclu la dirigeante.