Depuis le début des années 2000, les maisons à étage de Mlomp figurent sur la liste du patrimoine historique du Sénégal et éveillent la curiosité des visiteurs. Ces constructions, héritières des tirailleurs sénégalais, font de Mlomp une étape incontournable sur les itinéraires touristiques de la Casamance.
OUSSOUYE – En empruntant la route qui mène vers Elinkine, près de la place publique de Djicomole, dans le quartier de Mlomp, s’élèvent deux édifices à deux niveaux. Ce sont les fameuses maisons à étages de Mlomp, situées en plein cœur du Kassa, dans le département d’Oussouye. Implantées près de rangées de fromagers centenaires, elles constituent une singularité architecturale qui attire l’attention.
Les touristes, qu’ils soient nationaux ou internationaux, qui empruntent ce tronçon pour rejoindre la pointe Saint-Georges ou l’île de Casamance, s’arrêtent volontiers devant ces joyaux afin d’admirer le génie constructif diola. Certains ont même le privilège de visiter l’intérieur des bâtiments. « Ces maisons ont été bâties essentiellement avec des matériaux locaux », confie Léon Abeudj, guide touristique originaire de la commune de Mlomp.
Une inspiration européenne adaptée à la créativité locale
Ces habitations, communément désignées comme des étages en banco, expliquent-il, ont été érigées sans fer ni ciment. « Les murs sont composés d’argile et de bois. Le plafond est fait à partir de tiges de palétuvier », précise Lamine Diop Sané, qui organise régulièrement des visites guidées sur ces lieux devenus des incontournables pour les visiteurs. Le président des guides touristiques de la Casamance précise que l’ingéniosité employée assure la durabilité des maisons et les rend agréables à vivre tout au long de l’année.
Au-delà d’un symbole esthétique, les maisons à étages de Mlomp incarnent une fusion entre l’Occident et l’Afrique. « Les plans s’inspirent d’un modèle européen, mais les techniques de construction restent profondément locales », explique Gustave Bénédicte Sarr, enseignant. Originaire du village de Kagnout, il rappelle que les premiers bâtiments de ce style apparaissent après la Première Guerre mondiale (1914-1918).
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« Lorsque nos aïeux ayant participé à ce conflit sont revenus, ils ont voulu reproduire ce qu’ils avaient vu en France. Toutefois, faute de ciment et de fer à l’époque, ils ont su compenser en utilisant des matériaux locaux », rapporte le secrétaire chargé du patrimoine et des sociocultures de l’association des acteurs culturels du département d’Oussouye, et conservateur du musée de Kagnout.
Le village de Mlomp abrite alors un peu moins d’une dizaine de maisons à étages. La majorité appartient aux descendants des tirailleurs sénégalais. Elles mettent en lumière la capacité d’adaptation et la créativité des populations locales et témoignent aussi de l’expérience des anciens combattants qui, ayant transpiré et versé leur sang pour défendre la France, l’ancienne puissance coloniale, face à l’Allemagne nazie, ont contribué à la pérennité de ce patrimoine.