Chaque jour, le sanctuaire marial de Lourdes, en France, voit des pèlerins arriver des quatre coins du monde. Devant la grotte, après leurs prières, les fidèles se dirigent vers les fontaines alimentées par la source où la Vierge serait apparue à Bernadette. Si l’on croit ou non au miracle, cette eau attire une foule impatiente de s’en désaltérer.
LOURDES – La source jaillissant du rocher où la Vierge Marie serait apparue demeure l’un des pôles majeurs de rassemblement des pèlerins. Au-delà des retombées économiques que suscite la cité, notamment par la vente d’objets de piété, de tee-shirts à l’effigie de la Sainte Vierge, de bouteilles d’eau et de cierges, Lourdes est internationalement associée à cette eau réputée miraculeuse. L’histoire retient les apparitions mariales, au cours desquelles la Vierge est apparue à Bernadette Soubirous à dix-huit reprises. Lors de la neuvième apparition, la jeune fille, fidèle et soumise, suit les indications de l’Immaculée Conception. Elle se poste sur le côté gauche de la grotte et entreprend de creuser le sol. À cet endroit précis, une source se met à jaillir. Fidèles au message transmis, Bernadette boit l’eau qui se trouve dans le creux de sa paume, s’en asperge le visage et se lave. Depuis cet épisode, le bureau médical de Lourdes a enregistré plus de 7 300 guérisons, dont soixante-dix ont été officiellement reconnues comme miracles par l’Église. Parmi elles figure le cas de Sœur Bernadette Moriau, guérie en 2018. Souffrant d’une atteinte multi-radiculaire des racines lombaires et sacrées (communément désignée sous le terme de syndrome de la queue-de-cheval), elle a retrouvé la santé après une immersion dans les piscines du sanctuaire lors d’un pèlerinage.
Qu’elle soit miraculeuse ou non, l’eau de la grotte de la Bienheureuse Vierge Marie continue d’attirer des milliers de fidèles qui viennent s’en abreuver chaque année. Durant la période de pèlerinage, à toute heure du jour et de la nuit, l’endroit ne désemplit pas. Aux fontaines alimentées par la source de la grotte, les pèlerins se massent, bidon en main, afin d’obtenir ce précieux liquide. Martine, une Française, est venue chercher cette eau pour son enfant malade. Dans le même mouvement, elle fait la queue avec ses contenants qu’elle ne quitte plus depuis qu’elle a franchi la porte Saint-Joseph du Sanctuaire Marial de Lourdes. « Mon fils a subi un grave traumatisme après un accident de la circulation. Évidemment, l’hôpital lui a sauvé la vie, mais je suis là pour qu’il retrouve sa motricité d’avant », confie-t-elle. Pour ceux qui espèrent recouvrer la santé, des pèlerins traversent des pays entiers à la recherche de la grâce de la guérison, pour eux-mêmes ou pour leurs proches. L’eau de Lourdes demeure ainsi une source d’espoir inépuisable.
Dans la file d’attente, Léo Diouf s’impatiente. Un bidon de cinq litres à la main, il attend patiemment son tour. « Quand j’ai annoncé autour de moi que je partais en pèlerinage, la seule question qui revenait était celle-ci : rapporter cette eau. Peu importe les efforts, je la leur rapporterai, car elle réalise des miracles, tout comme la Vierge Marie apparue ici », assure-t-il, le sourire aux lèvres.
À ses côtés, une femme d’origine chinoise attend également. Malgré la barrière de la langue, son désir d’obtenir l’eau de la source est aussi clair que l’eau elle-même. Dans un échange à la fois complexe et cordial, elle désigne la fontaine d’un doigt puis pose la main sur sa poitrine, montrant sa joie d’avoir accès à cette eau, au même titre que tous les autres.
William est originaire d’Angleterre. Avec sa petite famille, il fait la queue pour puiser à son tour l’eau de la source. Mesurant près d’un mètre quatre-vingts, cet habitué du lieu conduit sa fille, qui pique parfois entre les fidèles avec l’insouciance de son jeune âge. C’est la troisième fois que la famille se rend sur le site, et l’eau de Lourdes demeure pour eux un mystère. « Je conserve cette eau chez moi comme un précieux médicament. Miraculeuse ou non, elle nous protège », déclare William. Les pèlerins sénégalais ne sont pas non plus en reste dans cette quête du remplissage des bouteilles.