Le Sénégal entend résoudre sa dette sans passer par la restructuration, telle est la principale orientation affichée lors d’une conférence de presse tenue à l’issue de la mission du Fonds monétaire international (FMI) au Sénégal.
Le ministre chargé de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a écarté l’idée d’une démarche classique visant à réviser les conditions de remboursement des emprunts du pays. Selon lui, le mécanisme annoncé par les autorités s’inscrit dans une approche différente, spécialement conçue pour répondre à la réalité sénégalaise. « Le plan de traitement de la dette du Sénégal n’est pas une restructuration au sens traditionnel du terme », a-t-il affirmé.
Ce n’est pas qu’une question de vocabulaire. Le ministre soutient que cette distinction reflète la volonté du gouvernement de privilégier une solution adaptée à la composition de la dette et à ses rapports avec les partenaires financiers, plutôt qu’un mécanisme standard qui pourrait être appliqué ailleurs. Le dispositif, précise-t-il, est avant tout une initiative nationale. « C’est un plan qui ne pourrait pas être déployé au Ghana, ni en Zambie, ni au Mozambique », a-t-il souligné.
Autrement dit, Dakar souhaite défendre une réponse qui prend en compte la nature des créances, leur structuration et ses relations avec les bailleurs.
Pour éclairer cette distinction, le ministre a employé une métaphore médicale. La dette est présentée comme le « malade », tandis que la restructuration classique serait une intervention chirurgicale. Le Sénégal chercherait plutôt une autre voie, comparable à un traitement par doses successives, afin d’obtenir un résultat équivalent sans recourir à une opération lourde.
« Nous avons estimé que notre malade ne doit pas être opéré pour laisser des séquelles », a-t-il expliqué. Le gouvernement privilégierait ainsi une approche thérapeutique qui prendrait plus de temps, mais qui permettrait d’éviter les effets négatifs associés à une restructuration traditionnelle.
Cette démarche suppose toutefois une mise en œuvre progressive. Le ministre assure que les différentes étapes seront rendues publiques régulièrement et que le processus se déroulera dans la transparence. Le gouvernement veut présenter ce plan non comme une restructuration camouflée, mais comme un mécanisme spécifique de traitement de la dette.
Sa réussite dépendra, selon les propos du ministre, de la capacité de l’État à mettre en œuvre les mesures annoncées et à maintenir la confiance de ses partenaires. « Il sera déployé dans la transparence, avec des communications régulières qui détaillent les différentes étapes de la mise en œuvre de ce plan de traitement », a promis le ministre.