Au Sénégal, la santé mentale en milieu professionnel s’est imposée comme une problématique centrale. Selon une enquête nationale menée en 2023 sur ce sujet, plus de la moitié des travailleurs présentent des signes d’épuisement, avec une prévalence du burn-out estimée à 57,5 %. Cette réalité met en lumière l’ampleur du phénomène dans le pays et pousse les autorités à intégrer, au sein du Plan stratégique de santé mentale 2024-2028, la dimension du bien-être psychologique au travail. Le plan envisage d’agir sur plusieurs volets, allant de la gouvernance à la réinsertion socioprofessionnelle des personnes atteintes de troubles mentaux.
Dans ce cadre, la Division de la santé mentale (DSM) a mis sur pied une unité dédiée à la santé mentale en milieu scolaire et professionnel. Cette entité a pour objectif d’encourager le bien-être psychologique, tout en assurant la prévention et la prise en charge des troubles mentaux dans les lieux d’étude et les environnements professionnels.
Le document stratégique met aussi en avant un ensemble de défis liés au monde du travail. Le stress professionnel est notamment présenté comme le fruit de la précarité économique et des charges considérables qui pèsent sur les travailleurs, avec des incidences sur leur performance. Le personnel soignant apparaît comme particulièrement exposé au risque de burn-out, tandis que le suivi psychologique demeure insuffisant. Le manque de sensibilisation au sein des entreprises constitue également une barrière majeure, tout comme la stigmatisation et l’exclusion que peuvent subir les personnes souffrant de troubles mentaux sur les lieux de travail.
Le plan accorde en outre une importance particulière à la réinsertion socioprofessionnelle. Les autorités visent un taux de réinsertion de 50 % chez les personnes vivant avec des troubles mentaux ou des handicaps psychosociaux. L’objectif spécifique n° 6 prévoit notamment un accompagnement vers une autonomie sociale et professionnelle accrue. Il est aussi prévu de créer des centres médico-éducatifs afin de préparer ces personnes à une meilleure intégration dans le monde du travail.
Entre 2024 et 2028, plusieurs actions sont programmées pour améliorer la prise en charge de la santé mentale en milieu professionnel. Il est notamment prévu d’organiser des rencontres de plaidoyer avec divers ministères, y compris celui consacré à l’Entrepreneuriat, afin d’intégrer davantage les questions de santé mentale dans les politiques publiques. Des campagnes de sensibilisation seront menées pour faciliter la réinsertion professionnelle des personnes souffrant de troubles mentaux et pour combattre les préjugés au sein des entreprises. Enfin, des mécanismes de suivi et d’évaluation permettront de mesurer les progrès réalisés en matière d’insertion professionnelle des personnes concernées.