Le Sénégal et la Guinée-Bissau envisagent d’insuffler une nouvelle dynamique à la sécurisation de leur frontière commune. Ils prévoient d’établir des patrouilles mixtes pour lutter contre la criminalité transfrontalière, les trafics illicites et les autres formes de menace sécuritaire.
Dans la région de Ziguinchor, mardi 11 août, s’est tenue une séance conjointe de planification des patrouilles à venir entre les forces de défense et de sécurité du Sénégal et de la Guinée-Bissau. Des représentants de l’administration locale, des forces armées, de la gendarmerie et d’autres services concernés ont pris part à ces travaux. À l’ouverture des travaux, Mor Talla Tine, gouverneur de Ziguinchor, a appelé à une action coordonnée afin de mieux répondre aux multiples menaces. « Les menaces ne respectent pas les frontières. Nous devons donc anticiper les risques, renforcer la surveillance et apporter des réponses coordonnées face aux différentes formes de criminalité et d’insécurité », a-t-il affirmé.
L’administrateur civil a également plaidé pour une approche qui dépasse le cadre purement militaire. « La sécurisation durable des frontières doit associer les forces de défense et de sécurité, les autorités locales, les populations et l’ensemble des services concernés », a indiqué M. Tine. Il a défendu l’idée d’un programme spécial de gouvernance des zones frontalières, notamment dans les territoires qui ont été affectés par le conflit en Casamance.
Le colonel Cheikh Guèye, commandant de la zone militaire n° 5, a salué cette initiative visant à renforcer la coordination sécuritaire entre les deux pays. « Il ne s’agit pas seulement de planifier des activités communes, mais de construire un cadre de coopération opérationnelle durable, fondé sur la confiance, la concertation et la complémentarité », a souligné l’officier des armées sénégalaises.
Ce dernier a insisté sur le fait que le partage de l’information demeure déterminant. Selon lui, « la lutte contre la criminalité transfrontalière, les trafics illicites et les mouvements suspects exigent une coordination étroite, une circulation régulière de l’information et une connaissance précise des réalités des deux côtés de la frontière », a-t-il insisté.
Bissau rappelle l’expérience de 2021
Représentant l’état-major de l’armée de terre bissau-guinéenne, le colonel Pansau Intchama a inscrit la rencontre dans le cadre de la coopération bilatérale. Il s’agit d’organiser conjointement les opérations des forces de défense et de sécurité et d’analyser les difficultés rencontrées le long de la frontière. Il a rappelé que les deux pays avaient déjà mené des patrouilles communes en 2021.
« Ces opérations, couronnées de succès, visaient à empêcher que les territoires des deux pays ne servent de refuge à des éléments armés », a précisé le colonel Intchama. Dakar et Bissau veulent désormais tirer profit de cette expérience afin d’établir une coopération opérationnelle plus régulière.