Les précipitations récentes ont révélé les failles du système d’assainissement de Touba, qui peine à évacuer les eaux de pluie, en particulier autour du marché Ocass et près de la Grande mosquée. Cette difficulté s’explique majoritairement par l’attitude peu civique de certains riverains.
MBACKÉ – Le vendredi 21 août 2026, jour de congé dans la cité de Touba. Si les boutiques demeurent closes, l’animation religieuse autour de la Grande mosquée demeure soutenue. Des fidèles, isolés ou en petits assemblées, convergent vers ce lieu sacré pour des moments de recueillement.
Seulement quelques semaines après le Grand Magal, les abords de ce site emblématique affichent un aspect inhabituel. Sur les artères principales conduisant à la Grande mosquée, des monticules d’ordures se remarquent. Sachets plastiques, bouteilles et autres détritus encombrent les caniveaux et quelques espaces publics, bouleversant le cadre.
Sur l’avenue menant vers Darou Khoudoss, une équipe de jeunes s’active pour l’entretien. Il s’agit des membres de l’association « Ndawi Serigne Bi ». Ahmadou Bamba Bakhoum, porte-parole de la cellule de communication de cette organisation, déplore l’attitude de certains marchands.
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Il affirme que ces commerçants sont partis après le Magal sans remettre en état l’espace commercial. Pour lui, le visage des abords de la Grande mosquée de Touba résulte, en grande partie, de comportements humains. À quelques pas, des automobilistes peinent à se croiser et manœuvrent avec difficulté.
L’itinéraire principal demeure saturé par les eaux pluviales du jeudi 20 août 2026. Des débris solides mêlés à du sable se sont accumulés et ont bouché les canalisations d’évacuation. Accompagné de ses collègues, M. Bakhoum s’emploie à identifier des mesures pour alléger le débit et accélérer l’évacuation.
La même observation prévaut au marché Ocass, où le délégué déplore aussi la situation. D’après Sény Dieng, le système d’évacuation a du mal à se débarrasser des eaux de pluie en raison des détritus solides et du sable qui obstruent les caniveaux. Il affirme que plusieurs vendeurs ont laissé traîner leurs déchets après le Magal. Ces détritus, mêlés au sable, ont obstrué le réseau d’assainissement et nuisent à son fonctionnement.
Comportements lourds de conséquences
M. Dieng rappelle que, lors de leurs interventions, les équipes de l’Office national d’assainissement du Sénégal (Onas) ont constaté l’obstruction du réseau par des objets solides, provoquant une stagnation des eaux à divers emplacements du marché. Il appelle ainsi les commerçants à adopter une attitude plus respectueuse envers l’environnement et les infrastructures.
Pour lui, le non-ramassage des déchets solides est aussi l’une des véritables causes des inondations au marché Ocass. Le responsable du service Onas à Touba, Moustapha Rahim Wilson, partage cette analyse. D’emblée, il précise que le marché Ocass est doté d’un réseau qui fonctionne correctement, mais des facteurs d’origine humaine viennent perturber son bon fonctionnement.
« Ce sont les déchets solides présents au sein du marché qui ont bloqué le dispositif de drainage. C’est ce qui a provoqué l’ensemble de ces soucis », insiste-t-il, ajoutant que la situation est Revenue à la normale une fois les déchets retirés.
« Une fois l’eau présente, elle a diminué après quelques heures et le ramassage des détritus a permis un écoulement normal », précise-t-il. Il ajoute que l’un des principaux obstacles au marché Ocass réside dans l’installation de tabliers sur le canal.
Ces aménagements peuvent entraver le bon fonctionnement du système. Moustapha Rahim Wilson souligne que le souci des déchets solides figure parmi les principales origines des inondations à Touba. Il évoque notamment Darou Minane et les environs de la Grande mosquée, des zones qu’il estime connaître une situation analogue à celle du marché Ocass.
« À chaque épisode pluvieux, nous dépêchons des équipes sur le terrain pour réaliser des opérations de dégrillage et de désensablement », indique-t-il, appelant à une modification des comportements. « On ne peut pas s’installer, exercer ses activités, vendre ses marchandises et repartir en laissant derrière soi des détritus », tonne-t-il.
Face à ce constat, le responsable du Service Onas à Touba exhorte les habitants à faire montre de davantage de civisme. « Il faut retirer les déchets solides, le sable et tout élément susceptibles de gêner le bon fonctionnement du système de drainage. Sinon, des retards dans l’évacuation des eaux pourraient se reproduire », avertit-il.