Le jugement rendu ce jeudi 6 août dans l’affaire de Farhad N., âgé de 25 ans et identifié comme l’auteur de l’attentat de Munich en 2025 qui avait coûté la vie à deux personnes et blessé près d’une quarantaine d’autres, a été prononcé: l’auteur est condamné à une détention à perpétuité. Les chances de libération conditionnelle au-delà de la période incompressible de quinze ans semblent minces au regard de la qualification retenue. Le tribunal régional supérieur de Munich a jugé que l’acte présentait une gravité particulière.
Rappel des faits. Le 13 février 2025, Munich accueillait les dirigeants du monde entier à l’occasion de la Conférence sur la sécurité (MSC). Le syndicat Verdi avait appelé à une manifestation au même moment et environ 1 400 personnes défilaient dans le centre-ville. Une voiture-bélier, après avoir franchi le dispositif policier, a percuté la foule et tout sur son passage. À la barre de la Mini BMW se trouvait Farhad N., originaire d’Afghanistan, qui a délibérément foncé sur les personnes présentes. Une femme de 37 ans d’origine algérienne, ingénieure à Munich, et sa fille de deux ans ont été projetées sur une distance d’environ dix mètres et sont décédées deux jours plus tard.
L’acte a été qualifié d’attentat terroriste et les autorités locales ont immédiatement privilégié la piste islamiste. Selon Le Monde, l’auteur aurait crié « Allahu Akbar » au moment de son arrestation.
Le juge s’est dit convaincu que le jeune homme avait intentionnellement percuté le cortège par l’arrière. Michael Höhne a décri les lieux du drame comme « un véritable champ de ruines », rapporte Le Parisien.
Farhad N. bénéficiait d’un titre de séjour renouvelé et était considéré comme parfaitement intégré. Lors des interrogatoires, il a expliqué son geste en affirmant que les pays occidentaux étaient « responsables des souffrances de la population musulmane en Afghanistan et au Moyen-Orient » et qu’il devait, selon ses propres termes, « tuer des personnes choisies au hasard en Allemagne ».
Cet attentat rappelle celui de Nice, survenu dix ans auparavant, le 14 juillet 2016, qui avait fait 86 morts et plus de 450 blessés. La même méthode avait été employée: la voiture-bélier. Dans ce cas, un camion avait foncé dans la foule après le feu d’artifice. L’État islamique (EI), également appelé « Daech », avait revendiqué l’attaque. Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier jamais commis sur le sol français.
Cette technique est particulièrement prisée des terroristes, car l’effet de surprise, la vitesse et la masse du véhicule en font une arme capable de provoquer un très grand nombre de victimes en un temps très court.
L’Allemagne a durci sa politique migratoire malgré le vieillissement de sa population et ses besoins en main-d’œuvre. Les statistiques, selon certains observateurs, confortent cette orientation. Les deux derniers attentats à la voiture-bélier commis sur le sol allemand ont été perpétrés par des réfugiés arrivés lors de la crise migratoire de 2015.