Le Corps de production et de construction du Xinjiang coordonne, en collaboration avec les autorités locales, la gestion de la région autonome ouïghoure du Xinjiang. Autrefois composé de soldats issus de l’Armée populaire de libération de Chine, ce Corps, établi en 1954, s’est transformé en un levier de gouvernance et de développement pour la région, réalisant de nombreuses actions.
BEIJING – Urumqi, capitale de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, évoque une atmosphère orientale au sein même de la Chine. En ce 20 juillet 2026, au début de la nuit, le Grand Bazar de la ville fourmille d’activités. Des milliers de visiteurs se pressent autour des étals, tandis que d’autres savourent les mets traditionnels propres à cette région située aux confins du pays, dans le Nord-Ouest. Urumqi se situe à environ 3 000 kilomètres de Pékin. Sur la place principale du bazar s’élève une mosquée imposante, dont les murs marron sont décorés de motifs blancs, et le drapeau chinois flotte entre les minarets. Parmi les attractions du marché se trouve le pain local, préparé comme du pain arabe dans des fours traditionnels par les Ouïghours musulmans, guidés ce soir par Guzalnur.
Elle précise que le Grand Bazar a été édifié sur la place centrale en 2018, autour d’un monument historique des Ouïghours. Depuis lors, il accueille quotidiennement près de 200 000 visiteurs pendant la saison touristique, venus de l’étranger comme des autres provinces chinoises. La région est, et a toujours été, un carrefour entre les populations européennes, orientales et asiatiques. Située dans le nord-ouest du pays, elle partage des frontières avec plusieurs États, dont l’Afghanistan, le Tadjikistan, le Kirghizistan, la Russie, le Kazakhstan et la Mongolie. Avec ses plus de 1,6 million de km², la région autonome ouïghoure du Xinjiang représente un sixième du territoire de la République populaire de Chine, et est peuplée par environ 26 millions d’habitants.
Stabilisation et développement de la région
Face à des défis importants en matière de développement et de sécurité, notamment la menace terroriste, la région autonome du Xinjiang, qui a fêté ses 70 ans en 2025, a connu un essor notable ces dernières années. Elle est passée du statut de province à celui de région autonome en 1955. « En 2025, son produit intérieur brut s’élevait à 2 146,214 milliards de yuans », soit environ 176 000 milliards de FCfa, selon Huang Xiaohu, directeur adjoint de la Division des affaires étrangères du Corps de production et de construction du Xinjiang.
Cet essor économique est le fruit de la singularité de sa gestion politique et économique, ainsi que de l’action du Corps de production et de construction du Xinjiang. En complément de la région autonome, le Corps a contribué à la stabilisation et au développement économique de la zone. Créé par la République populaire de Chine en octobre 1954, le Corps est issu d’un contingent de l’Armée populaire de libération. Tang Xiyuan, guide et interprète, indique que le Corps a pris naissance à partir d’unités de l’armée qui, lors de la guerre de libération, se sont déplacées d’est en ouest avant de s’installer dans le désert du Xinjiang. Sa mission initiale était de défendre et de protéger cette frontière isolée, avant d’être engagé dans le développement agricole et autres activités.
Développement et intégration
« Depuis l’Antiquité, le Xinjiang est une terre où coexistent de nombreuses ethnies, où se croisent diverses cultures et où cohabitent plusieurs religions. Ancienne étape clé de l’ancienne Route de la soie, il a toujours représenté un important point de passage pour les échanges entre civilisations orientales et occidentales », a déclaré le directeur adjoint de la Division des affaires étrangères du Corps de production et de construction du Xinjiang, lors d’un entretien avec une délégation de journalistes du Centre international de presse et de communication de Chine (Cipcc). Selon Huang Xiaohu, « depuis le 18ᵉ Congrès national du Parti communiste chinois, le président Xi Jinping porte une attention soutenue au travail relatif au Xinjiang. Il a tracé la stratégie du Parti pour la gouvernance du Xinjiang dans la nouvelle ère et cette région vit aujourd’hui une période favorable à son développement. »
Selon ce responsable, le Corps « représente une composante essentielle de la Région autonome ouïghoure du Xinjiang et gère de façon autonome ses affaires administratives et judiciaires internes ». Le Corps de production et de construction compte actuellement 14 divisions et 13 villes, sur un territoire d’environ 70 000 km². Il administre ainsi près de 10 % des terres du Xinjiang afin d’assurer stabilisation, sécurisation des frontières et progrès économique.
Depuis sa création, plusieurs générations de membres du Corps se sont installées près des déserts et le long des zones frontalières. Aux côtés des populations de toutes les ethnies du Xinjiang, ils ont transformé de vastes étendues désertiques et pierreuses en oasis écologiques, développé une agriculture moderne parmi les plus avancées du pays et posé les bases de l’industrie moderne de la région.
Huang Xiaohu, directeur adjoint de la Division des affaires étrangères du Corps de production et de construction du Xinjiang, souligne que depuis le 18ᵉ Congrès national du Parti, Xi Jinping s’est rendu à quatre reprises au Xinjiang pour y effectuer des visites d’inspection. Il a défini les grandes orientations et indiqué la voie à suivre pour le développement du Xinjiang et du Corps.
Les membres du Corps, répartis dans les divisions et les villes, ont œuvré pour le perfectionnement de l’agriculture, de l’éducation et de l’industrie, entre autres domaines. Selon Huang Xiaohu, le Corps poursuit globalement la modernisation de son agriculture. Son taux de mécanisation global atteint 95,7 %. La région du Xinjiang assure ainsi environ 80 % de la production de légumes et de fruits en Chine, selon Xu Tiebing, professeur à l’Université de communication de Chine.
Le Corps de production et de construction du Xinjiang a également mis au point des technologies d’irrigation à faible consommation d’eau, comme l’irrigation goutte à goutte sous film plastique et l’intégration de l’irrigation et de la fertilisation. Le rendement moyen et la qualité du blé, du maïs et d’autres cultures se hissent parmi les meilleurs au monde. Le Corps fournit un tiers du coton chinois et assure un quart du volume mondial de transformation de tomates.
Exportation vers les États-Unis
Le Corps dispose, à Tiemenguan, d’une zone modèle dédiée à la production de la poire parfumée, une variété originaire du Xinjiang depuis deux millénaires. Sur place, le 23 juillet 2026, la directrice agricole, Mme Wang Xiu, indique que ce périmètre agricole relève de la 2ᵉ division du Corps. Ce site produit ainsi 90 000 tonnes de poires parfumées, d’une valeur supérieure à 53 milliards de FCfa par an, sur une superficie de 40 000 hectares. Grâce à cette production, le Corps exporte ses fruits vers les États-Unis et l’Australie.
Dans le secteur industriel, il administre notamment la société laitière Tianrun, située en périphérie d’Urumqi. Cette usine fournit 200 000 tonnes de produits laitiers distribués à travers toute la Chine. Pour s’approvisionner en lait, le Corps exploite 26 fermes d’élevage bovin et emploie 3 000 personnes.
Toujours dans le domaine industriel, à Tiemenguan, ville bâtie et gérée par le Corps et située à 400 kilomètres au sud d’Urumqi, en plein désert, les héritiers de la 2ᵉ division s’attaquent désormais au domaine du développement. Ils y ont implanté l’entreprise textile « Xinjiang Jiuselu » en 2017, avec un investissement de 2,2 milliards de yuans, soit plus de 180 milliards de FCfa. Employant 468 personnes, cette entreprise possède ses propres plantations de coton et produit annuellement 1,8 million de tonnes d’habits en utilisant l’intelligence artificielle et les technologies modernes tout au long de son processus de fabrication.
Pour préparer la jeune génération du Xinjiang, le Corps, mandaté par le gouvernement central chinois, gère également plusieurs établissements, dont l’école élémentaire n° 2 de Huashan. Cette école ultramoderne, fondée en 2012, initie les élèves dès le primaire à la robotique, au pilotage des drones, etc.