Le ministère de la Jeunesse et des Sports a pris une décision nette. Face au tumulte médiatique qui secoue le football sénégalais depuis l’élimination des Lions en seizièmes de finale, l’autorité de tutelle a, en date du mardi 14 juillet 2026, ordonné l’arrêt immédiat de toute communication publique émanant de la Fédération sénégalaise de football (FSF) sur ce dossier, tout en promettant l’établissement d’un bilan complet et rigoureux de la participation nationale au Mondial.
C’est une coupure brutale des échanges publics. Dans un texte publié ce mardi 14 juillet sur les canaux officiels du ministère, la tutelle a purement et simplement imposé à la FSF de mettre fin à toute prise de parole relative à la Coupe du monde. L’institution explique vouloir mettre un terme à des polémiques stériles qui portent gravement atteinte à l’image et à la réputation du Sénégal sur la scène internationale. « Afin de préserver la sérénité nationale et de garantir le respect de nos institutions, le Ministère ordonne à la Fédération sénégalaise de Football de cesser immédiatement toutes les interventions, déclarations et sorties médiatiques relatives à cet événement », peut-on lire.
Une décision sans appel
Le libellé ne laisse guère place à l’ambiguïté. La tutelle affirme suivre « avec attention les récents débats et déclarations publiques » liés à la participation de l’équipe nationale au Mondial, et invoque la nécessité de « préserver la sérénité nationale » et de « garantir le respect de nos institutions ». Conséquence directe : il est demandé à la fédération de cesser immédiatement toute intervention, déclaration ou prise de parole médiatique sur ce sujet.
Cette mise au silence intervient après près de deux semaines de tumulte autour de l’instance dirigeante du football national. Depuis l’élimination des Lions face à la Belgique (3-2 a.p.) en seizièmes de finale, la FSF a encaissé série après série : des révélations sur des dérapages supposés de la délégation officielle aux États-Unis, une plainte pénale déposée par son président pour diffamation, puis une sortie publique de ce même président, vendredi dernier, visant à régler ses comptes avec l’ancien sélectionneur Pape Thiaw. Autant de prises de parole et de règlements de comptes qui semblent désormais vouloir être canalisés par la tutelle, de manière forcée.
« L’État prend ses responsabilités »
Au-delà de l’ordre de silence, le communiqué constitue aussi un message politique fort. Le ministère annonce son intention de faire « toute la lumière » sur cette participation mouvementée, en promettant un audit mené « dans le strict respect des procédures et avec toute la gravité requise ». Une démarche, selon la tutelle, pour reprendre la main sur un dossier qui lui échappait, ballotté entre des communiqués contradictoires, des accusations de dérives et des règlements de comptes internes.
Le texte se termine par un appel à la retenue générale, invitant « l’ensemble des acteurs au calme, au sens des responsabilités, ainsi qu’au respect absolu de la dignité humaine et des principes de l’État de droit ».
O.B.N