Élu sans opposition le samedi 6 juin à la tête de Pastef-Les Patriotes pour un mandat de six années, lors du premier congrès du parti, Ousmane Sonko a pris part, hier dimanche, au meeting d’investiture organisé à la Dakar Arena de Diamniadio.
Malgré la chaleur accablante, le thermomètre affichant 33 °C, les partisans du président du mouvement, venus de nombreuses régions du pays et vêtus d’écharpes et de bracelets aux couleurs de Pastef, ont afflué vers la Dakar Arena pour ce rassemblement populaire inscrit dans le cadre du congrès. Tout comme lors du fundraising organisé en octobre 2024, l’objectif de mobilisation a été atteint. Ousmane Sonko estime mesurer pleinement la confiance renouvelée qui lui a été accordée pour conduire les destinées du parti.
Il assure qu’il ne trahira jamais les idéaux et les principes fondateurs du mouvement. Sur le plan institutionnel, Ousmane Sonko soutient que Pastef s’est démarqué en obtenant la majorité à l’Assemblée nationale. « Si l’hémicycle nous avait échappé, nous serions aujourd’hui les grands perdants, nous, de Pastef », indique-t-il, tout en soulignant la portée stratégique de cette majorité parlementaire. Face à la situation au sommet de l’État, Ousmane Sonko écarte l’existence d’une crise institutionnelle.
« Il n’y a aucune crise institutionnelle au Sénégal. Ce sont les marchands de crise qui veulent le faire croire », affirme-t-il avec vigueur. Selon lui, cette configuration nouvelle de « cohabitation » s’est déjà produite dans d’autres pays sans entraîner de violences. « Ni l’État du Sénégal, ni ses institutions, ni sa sécurité, ni sa stabilité ne sont menacés », renchérit-il.
Le leader de Pastef met en garde les « complotistes » qui chercheraient à instaurer le désordre : « Le Sénégal a assez souffert des complots et des combines ». En ce qui concerne les élections locales de 2027, Ousmane Sonko affirme que Pastef s’oppose à tout report. « Au Sénégal, on ne peut reporter des élections sans passer par l’Assemblée nationale pour adopter une loi d’habilitation », souligne-t-il, avant d’inviter le président de la République à signer le décret fixant la date de ces échéances.
S’adressant à ses militants et sympathisants, Ousmane Sonko les appelle à changer d’approche, à faire preuve de davantage de retenue, à rester concentrés sur l’essentiel et à éviter de tomber dans le piège de la provocation. « Chaque révolution emprunte un chemin parfois truffé d’obstacles, mais le plus important, c’est qu’à la fin l’objectif soit atteint », déclare-t-il.