Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a procédé jeudi à la nomination d’Alain Diouf au poste de ministre auprès du président de la République, chargé du Suivi et de l’Évaluation de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». Cette nomination s’appuie sur plus de trente ans d’expérience consacrée au développement territorial, à la gestion de projets complexes et à la gouvernance publique.
Juriste de formation, diplômé de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Alain Diouf s’est peu à peu imposé comme l’un des professionnels sénégalais les plus expérimentés dans les domaines du développement local, des questions foncières, de la maîtrise des projets et du suivi-évaluation des politiques publiques. Son parcours professionnel s’étend sur plus de 30 années d’activité, dont près de 25 années dédiées à l’élaboration, à la coordination et à l’exécution de programmes de développement à l’échelle nationale et internationale.
Sa connaissance du territoire national constitue l’un de ses atouts majeurs. Au fil de sa carrière, il a contribué à concevoir ou à mettre en œuvre des projets couvrant les quatorze régions, les quarante-deux départements et plus de deux cents communes. Cette immersion locale lui a permis d’acquérir une maîtrise approfondie des défis relatifs à la décentralisation, à l’aménagement du territoire et au développement économique local.
Parmi les réalisations les plus marquantes associées à son nom figure le Programme de cadastre et de sécurisation foncière (PROCASEF), financé par la Banque mondiale. Alain Diouf a pris part à son élaboration, à la définition du cadre institutionnel et à la rédaction de ses documents techniques et administratifs, puis a coordonné l’exécution. Il s’agit d’un projet structurant visant à moderniser la gestion foncière au Sénégal.
Son expertise s’est également illustrée dans la conception de la plateforme de Diamniadio, aujourd’hui l’un des symboles de la modernisation urbaine du pays. Membre de l’équipe chargée des études et de la formulation du projet, il a œuvré sur les volets infrastructures, habitat, commerce et transport.
Artisan discret de plusieurs programmes structurants au Sénégal et à l’international
Dans le domaine agricole, il a participé à l’élaboration du Projet de développement inclusif et durable de l’agrobusiness au Sénégal (PDIDAS), également soutenu par la Banque mondiale, dont il a assuré le suivi jusqu’à son aboutissement.
Mais c’est sans doute dans le cadre du Millennium Challenge Account (MCA) qu’il a exercé l’une de ses responsabilités les plus stratégiques. Aux côtés de juristes américains, il a pris part à la négociation et à la rédaction de la convention du premier Compact Sénégal avec la Millennium Challenge Corporation (MCC), accord signé en présence de l’ancienne secrétaire d’État américaine Hillary Clinton et du président Abdoulaye Wade. Ce programme a permis la réalisation d’infrastructures routières majeures, notamment les axes Ziguinchor-Kounkané et Richard-Toll-Dioum, ainsi que d’importants aménagements hydroagricoles dans la vallée du fleuve Sénégal.
Son expertise a dépassé les frontières nationales. Consultant international senior pour la Millennium Challenge Corporation à Washington, il a accompagné la préparation et la mise en œuvre de programmes au Niger, au Maroc et au Togo. Ses interventions l’ont conduit dans plusieurs pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Nord, où il a travaillé sur des problématiques liées aux réformes institutionnelles, à la gouvernance et à l’exécution de projets de développement.
Chercheur associé à la Rights and Resources Initiative (RRI) à Washington, expert pour la coopération allemande GIZ et pour plusieurs programmes de l’USAID, Alain Diouf a développé une solide connaissance des mécanismes de financement du développement ainsi que des exigences des partenaires techniques et financiers internationaux.
Cette expérience est complétée par de nombreuses certifications en gestion de projet, planification stratégique, suivi-évaluation, gestion financière, passation de marchés, gestion des contrats d’infrastructures et lutte contre la fraude et la corruption. Il dispose également d’une expertise reconnue dans les processus participatifs de mobilisation des parties prenantes et dans la gestion des impacts sociaux des grands projets.
À l’heure où le Sénégal engage la mise en œuvre de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 », la nomination d’Alain Diouf apparaît comme celle d’un technicien chevronné, rompu à l’évaluation des politiques publiques et à la conduite de projets d’envergure. Sa mission consistera désormais à assurer le suivi rigoureux des engagements de l’État et à mesurer les résultats des réformes et investissements portés par la nouvelle vision de développement du pays.
Pour beaucoup d’observateurs, le nouveau ministre apporte à cette fonction une combinaison rare de compétences juridiques, institutionnelles et opérationnelles, forgée au contact des plus grands programmes de développement du Sénégal et de plusieurs expériences internationales de haut niveau.