Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED) a publié, le 12 mai 2026, une note officielle dénonçant une nouvelle poussée de désinformation orchestrée par la manipulation des unes des quotidiens.
L’institution a relevé qu’« une fausse Une » du quotidien Yoor-Yoor Bi avait été clonée et détournée pour faire croire à une édition baptisée Njooloor-Bi. Selon elle, il s’agit d’une manipulation marquée de l’information et d’un vecteur redoutable de désinformation, susceptible d’orienter l’opinion publique et d’éroder la confiance dans les médias.
Ce type d’attaque n’est pas inédit. Des épisodes analogues avaient été signalés en 2022 et 2023, visant des publications telles que Le Soleil, Enquête, L’Observateur et Le Quotidien. À l’époque, Reporters sans frontières avait même appelé à l’ouverture d’enquêtes judiciaires pour faire toute la lumière sur ces manœuvres.
Le CORED rappelle que la réglementation est explicite. L’article 204 du Code de la presse stipule que « la diffusion d’une publication déclarée non conforme aux dispositions du présent Code est passible d’un emprisonnement de deux à six mois et d’une amende comprise entre 200 000 et 500 000 francs ».
L’institution met en garde contre les retombées sociétales de ces pratiques, qui « peuvent fragiliser le débat public, alimenter des rumeurs violentes ou brouiller la compréhension des enjeux collectifs », d’autant plus dans un contexte où les réseaux sociaux facilitent et accélèrent la propagation des fausses informations et nourrissent l’indignation numérique.
Le Conseil appelle l’ensemble des acteurs médiatiques à « la plus grande vigilance » face à cette banalisation de la désinformation et à l’impact potentiel sur la qualité du débat public.