Le Sénégal accélère le rythme des infrastructures sportives en prévision des grandes compétitions internationales, notamment la Coupe d’Afrique des nations 2032.
Dans cette optique, la ministre de la Jeunesse et des Sports, Khady Diène Gaye, a reçu aujourd’hui son homologue chargé des Infrastructures, Déthié Fall, pour une séance de travail conjointe organisée au sein du ministère de la Jeunesse et des Sports.
Cette rencontre, coprésidée par les deux responsables, a permis d’établir un panorama approfondi des chantiers d’infrastructures sportives et de jeunesse en cours sur l’ensemble du territoire. Khady Diène Gaye a ouvert les travaux par une présentation globale des projets structurants, suivie d’un bilan détaillé sur l’avancement des différents programmes nationaux, contenu dans une note rendue publique.
Au cœur des échanges, les infrastructures sportives régionales ont été discutées, en particulier celles de Saint-Louis, de Kédougou et de Sédhiou, présentées comme des priorités dans la stratégie de maillage territorial équitable. La question des Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté a également occupé une place centrale. La ministre a rappelé les difficultés rencontrées lors de la phase initiale du programme, marquée par un faible taux de réalisation, tout en soulignant le potentiel de la deuxième phase finançable par la Banque islamique de développement, qui doit permettre un déploiement plus conséquent sur l’ensemble du territoire.
Les discussions ont aussi porté sur la transformation du Centre national d’éducation populaire et sportive de Thiès en centre de haute performance, projet stratégique soutenu par la coopération chinoise, et sur la poursuite des travaux du stade de Cambérène, ouvrage emblématique destiné à renforcer l’offre sportive dans la région de Dakar. Les équipes techniques du ministère, notamment la Delivery Unit, la Direction de l’administration générale et de l’équipement ainsi que les conseillers techniques, ont apporté des précisions sur la gestion et le suivi des différents dossiers.
La CAN 2032 après les JOJ de 2027 ?
Prenant la parole, le ministre des Infrastructures Déthié Fall a salué l’élan engagé par le département de la Jeunesse et des Sports, tout en reconnaissant les déficiences observées par le passé dans l’exécution de certains projets, malgré les investissements réalisés. Il s’est engagé à corriger ces dysfonctionnements afin d’accélérer la livraison des chantiers dans les délais impartis. Il a en outre rappelé que si son ministère assure l’exécution technique des travaux, la définition de la vision, de l’impact, de l’utilisation, de la budgétisation et de la validation des projets relève pleinement du ministère de la Jeunesse et des Sports.
En clôture de la rencontre, Khady Diène Gaye a exprimé sa satisfaction face à la disponibilité et à l’engagement affichés par son collègue, réaffirmant leur détermination commune à doter le Sénégal d’infrastructures sportives modernes et fonctionnelles. Cette dynamique s’inscrit clairement dans l’ambition nationale de positionner le pays comme candidat crédible à l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2032, quarante ans après l’édition historique de 1992. L’objectif est de disposer de six stades conformes aux normes de la FIFA, afin de franchir une nouvelle étape dans le développement du sport et dans le rayonnement du pays à l’échelle continentale.
Cette ambition est d’autant plus renforcée que le pays s’apprête à écrire une page d’histoire olympique en accueillant les Jeux Olympiques de la Jeunesse d’été, une première pour le continent africain. Initialement prévus en 2027 puis reprogrammés en 2026 à Dakar, ces Jeux constituent une vitrine majeure du savoir-faire du pays en matière d’organisation d’événements sportifs internationaux.
S’agissant de la CAN, deux phases finales étaient en principe programmées à l’horizon juillet 2028. L’édition 2027 devait être coorganisée par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie, tandis que celle de 2028 restait à attribuer.
Toutefois, les retards constatés lors des récentes missions d’inspection de la Confédération africaine de football sur les infrastructures sportives dans ces trois pays suscitent des interrogations. Cette situation pourrait amener la CAF à réviser le calendrier, envisageant éventuellement un report de la CAN 2027 à 2028, avant d’envisager une transition directe vers l’édition 2032 via un nouvel appel à candidatures.