Le cadre unifié d’enseignement bilingue au Sénégal (Mohebs) s’est imposé comme un sujet majeur lors des échanges entre acteurs de l’éducation et autorités préfectorales à Mbour, à l’occasion du Comité Départemental de Développement (CDD) réuni le lundi 29 décembre. Cette rencontre a permis aux responsables éducatifs de reconnaître l’intérêt du dispositif, même s’il affiche des résultats encourageants tout en présentant des défis dans son déploiement.
MBOUR – Les acteurs de l’éducation et de la formation de Mbour ont participé, le même lundi 29 décembre, à une séance du CDD axée sur la communication et la mobilisation autour du Mohebs. Ce dispositif pédagogique, qui prévoit de transmettre les savoirs en s’appuyant sur les langues nationales, a été introduit dans la région de Thiès dès le début de l’année scolaire 2025-2026. Outre l’objectif d’améliorer les apprentissages, cette réforme vise également à valoriser les langues autochtones.
Devant l’autorité préfectorale, les participants ont mis en avant les effets positifs de cet outil, qui facilite la compréhension des élèves du pré-scolaire et du cycle élémentaire, particulièrement dans des disciplines techniques comme les mathématiques et les sciences. « Les expériences démontrent une plus-value marquée, car l’enfant qui démarre avec sa langue maternelle intègre plus aisément les contenus enseignés », a déclaré Serigne Fall, inspecteur de l’éducation et de la formation de Mbour 2.
Malgré des résultats jugés satisfaisants, la mise en œuvre du Mohebs dans le département rencontre plusieurs défis. Parmi les questions soulevées, figurent la formation des enseignants, le choix des langues et la disponibilité des outils didactiques.
« L’un des essais porte sur le choix de la langue. Des études sont menées au niveau des communautés et des établissements pour déterminer collectivement quelle langue est la plus parlée et celle dans laquelle les élèves maîtrisent le mieux, afin d’en faire la langue d’enseignement. Autre volet important : l’accès aux outils, aux manuels, aux guides pédagogiques, etc. Cela exige des ressources considérables. À ce stade, les bailleurs de fonds qui soutenaient le Sénégal se retirent progressivement, et la tâche revient désormais à l’État et aux communautés de fournir ces ressources, sans lesquelles la réforme ne peut aboutir », a précisé M. Fall.
Dans le département de Mbour, la mise en œuvre du programme concerne 363 établissements scolaires. Les langues nationales enseignées y sont : le Wolof dans 179 écoles, le Seereer dans 150 écoles, le Pulaar dans 8 écoles et le Saafi-Saafi dans 26 établissements.