Les amateurs de lutte dénoncent le Pay-per-view, estimant que cette pratique profite uniquement aux promoteurs et lancent un appel à la RTS

27 juillet 2025

Les amateurs de lutte ont vécu un week-end exceptionnel, puisque deux rencontres très suivies ont été organisées avec seulement vingt-quatre heures d’écart, samedi et dimanche derniers. Ces deux événements ont non seulement répondu aux attentes en termes de spectacle, mais ils ont également attiré un très fort public dans l’Arène nationale, qui a été totalement remplie pour l’occasion. Cependant, cette réussite sur scène n’a pas forcément été ressentie par tous les spectateurs qui espéraient suivre ces combats en direct sur leur petit écran. Malheureusement, l’option du « Pay-per-view » a été mise en place, ce qui a suscité beaucoup de réactions négatives. Certains amateurs, en particulier ceux vivant dans des régions où la connexion internet pose problème, se sont sentis frustrés par cette plateforme de diffusion payante, qu’ils considèrent comme une démarche uniquement profitable aux promoteurs. Face à cette situation, beaucoup ont dû se rabattre sur les stations de radio pour tenter de suivre les combats.

Une alternative envisagée : la télévision nationale comme sauveur potentiel

Certains passionnés, contactés par Le Quotidien, avancent que seul un recours à la Télévision nationale (Rts) pourrait sauver la circonstance en permettant la retransmission en différé ou en direct de grands combats, et ce, à une ou deux reprises dans la saison. Ces supporters considèrent que la Rts pourrait jouer un rôle clé en organisant des retransmissions de qualité, accessibles à tous, notamment ceux qui ne peuvent pas accéder au Pay-per-view ou qui rencontrent des difficultés techniques.

Les positions du président des amateurs face à la question

Dans un entretien téléphonique, Doudou Diagne Diécko, président de l’association des amateurs de lutte, a tenu à rappeler sa position claire sur cette question. Il a déclaré : « Tout le monde connaît ma position sur le Pay-per-view. Je suis contre cette pratique pour plusieurs raisons. » Avant d’ajouter, plus nuancé : « Cependant, je comprends la détresse des amateurs, surtout ceux qui n’ont pas accès à une bonne connexion ou à une plateforme de diffusion gratuite, et je comprends aussi les promoteurs qui investissent beaucoup d’argent. Ces derniers doivent souvent chercher d’autres moyens pour assurer la visibilité des combats à cause du manque de sponsors. »

Une proposition concrète : faire appel à la Rts

Concernant l’idée que la Rts pourrait devenir un partenaire pour la retransmission des rencontres, Doudou Diagne Diécko partage son accord, mais insiste sur quelques précisions. Il explique : « Il faut d’abord clarifier la relation entre promoteurs et stations de télévision. Dans beaucoup de partenariats, les promoteurs se sentent lésés parce que les télévisions démarchent des sponsors sans leur en parler, ce qui est problématique. Il est donc essentiel que toutes les parties jouent franc jeu. Si la Rts, qui bénéficie de moyens techniques importants, accepte de collaborer avec un promoteur sérieux, ils pourraient ensemble proposer des retransmissions en direct à travers toute la région, voire au-delà. »

Ce dernier ajoute que cette collaboration doit obligatoirement être encadrée par un partenariat clair et équilibré : « La Rts n’a pas de licence officielle auprès du Conseil national des jeux (Cng), ce qui limite sa capacité d’organisation autonome sur ce genre d’événements. Elle doit donc s’associer à un promoteur, avec des termes précis et équilibrés. Si cette alliance est trouvée, le partenariat pourrait alors attirer des sponsors et permettre d’offrir aux Sénégalais de grands combats en direct, une ou deux fois par saison. » Selon lui, la priorité doit être que cette coopération soit profitable pour tous, surtout pour la Rts qui représente une structure publique. Cela permettrait aux amateurs, fatigués par le trio : Pay-per-view, mauvaise qualité de connexion, et billets coûteux, de retrouver une certaine proximité avec leur passion.

En résumé, la volonté de voir perdurer et revitaliser la lutte sénégalaise en direct à la télévision semble prendre de l’ampleur, face à l’opposition à la plateforme payante et au besoin d’un partenariat clair entre promoteurs et médias publics. L’espoir est donc que cette démarche puisse enfin satisfaire la demande des fervents supporters, tout en assurant une meilleure visibilité nationale et au-delà.