À ce stade, il est encore difficile d’anticiper avec précision les axes que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, développera lors de son allocution à la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies. Néanmoins, étant donné les enjeux majeurs sur le plan diplomatique et sécuritaire qui pèsent sur l’Afrique, il apparaît plausible que la question du Sahel, parmi d’autres dossiers stratégiques, occupe une place prépondérante dans son discours.
La 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies a ouvert ses portes le 8 septembre 2026, à New York. Le débat général, rassemblement annuel des chefs d’État et de gouvernement, se tient du 22 au 28 septembre 2026. Pour cette édition, près de 130 dirigeants mondiaux prendront position sur le thème « rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies au service de tous ».
Selon les usages protocolaires, le Brésil ouvre traditionnellement le débat général. Cette année, le Maroc occupe le premier siège dans la salle de l’Assemblée et dans les grandes commissions. À ce stade, le contenu précis de l’intervention du président de la République à la tribune n’est pas encore connu.
Lors de son allocution à la 80ᵉ session, le président Bassirou Diomaye Faye appelait à intensifier la lutte contre les conflits armés, le terrorisme, la criminalité transfrontalière et l’instabilité politique qui frappent l’Afrique.
Il avait également mis en évidence la nécessité « de réformes de la gouvernance économique et financière mondiale ». Le chef de l’État ne s’est pas aligné sur une approche fondée uniquement sur l’aide publique et a défendu ardemment le recours à d’autres mécanismes, tels qu’un cadre fiscal mondial équitable pour que l’impôt soit dû là où est produite la richesse, ainsi que l’accès au crédit dans des conditions soutenables.
Cependant, au vu des enjeux géostratégiques actuels, l’Afrique demeure sans représentation permanente au Conseil de sécurité. Cette « anomalie » est systématiquement dénoncée, alors même que la majorité des missions de maintien de la paix des Nations unies impliquent le continent. Cette question pourrait figurer parmi les priorités que le Sénégal mettrait en avant durant cette 81ᵉ session. Par ailleurs, la gestion de la sécurité au Sahel demeure une préoccupation constante.
Par ailleurs, le président a fréquemment placé la crise sécuritaire au Sahel au cœur de ses interventions. À Berlin, lors d’un entretien avec le chancelier allemand Friedrich Merz le 23 juin 2026, le président Faye a souligné la nécessité d’un engagement soutenu de la part du Sénégal et des pays de la région dans la lutte contre le terrorisme, tout en réaffirmant l’attachement de Dakar au règlement pacifique des différends et au dialogue.
Dans un contexte où la situation sécuritaire régionale ne s’est pas améliorée sensiblement, ce thème pourrait reprendre une place majeure dans le discours sénégalais. Cette orientation serait en cohérence avec l’objectif d’une Afrique de l’Ouest stabilisée et d’une coopération sécuritaire renforcée.
Le sommet climat organisé en marge de la session constitue aussi pour le Sénégal une tribune diplomatique pour son plaidoyer. Il faut rappeler que le Sénégal, pays côtier particulièrement exposé à l’érosion des littoraux et aux aléas climatiques, peut tirer parti de ce cadre pour demander une prise en charge accrue de l’adaptation climatique.